Les Français deviendraient-ils écolos ?

Oui, les Français sont davantage concernés par la protection de l’environnement qu’ il y a une quinzaine d’années. La preuve avec les résultats d’une étude sociologique que vient de publier le Credoc.



En matière d’écologie, les Français changent plus rapidement qu’on ne le pense. C’est ce qu’affirme le CREDOC, le Centre de Recherche pour l’Etude et l’Observation des Conditions de Vie, dans sa dernière étude. Selon Sandra Hoibian, directrice adjointe du département conditions de vie de l’institut, cette prise de conscience viendrait principalement des médias : « Aujourd’hui, il n’y a pas une seule chaîne qui ne parle pas de la protection de l’environnement ».  Les politiciens suivraient aussi le mouvement « au moins dans leurs discours ».

Selon cette étude, de 1995 à 2010, la population française a augmenté de 7% et dans le même temps la consommation d’eau a baissé de 3%. Difficile de prime abord « de démêler les raisons de cette évolution ». On peut penser que c’est pour des raisons économiques que la consommation a baissé, ou même que c’est grâce aux appareils électroménagers plus performants. Mais, selon le Credoc, le facteur le plus déterminant serait une profonde prise de conscience de la population française. En 1995, ils n’étaient ainsi que 44% à déclarer économiser l’eau contre 54% en 2010. Deux tiers des personnes interrogées « font attention à fermer l’eau du robinet pour éviter le gaspillage inutile ».

Le phénomène bio

Réservés à une minorité il y a 15 ans, les produits bio ont conquis plus de la majorité des foyers qui disposent de moins de 900 euros par mois, alors qu’ils étaient seulement 20% de cette catégorie sociale à en consommer en 1995. Le « bio » reste souvent plus cher que les autres produits, mais connait néanmoins une forte augmentation de ses ventes, preuve s’il en était besoin que le prix ne fait pas tout, même en période de crise.

Encore une fois les jeunes sont à l’honneur car 60% d’entre eux déclare acheter des produits bios. La bonne identification de la production bio avec les labels ainsi que l’augmentation de la visibilité en rayon font beaucoup pour les chiffres de vente. Mais ce n’est pas tout. Selon d’autres études, deux tiers des Français les trouvent meilleurs au goût et 57% pensent qu’ils sont meilleurs pour la santé.

Autre phénomène : le boycott de produit devient de plus en plus populaire avec un tiers des personnes qui ont déjà banni un produit de leur panier par engagement. Le plus souvent il s’agit de produit « made in ailleurs » : ils concurrencent les produits français et entraînent une empreinte carbone bien plus importante, facteur qui rentre en ligne de compte pour motiver le refus.

Concernant les « produits verts », seul ¼ des personnes interrogées considèrent que les informations sur le produit sont claires. Pire, un tiers seulement les jugent « scientifiquement fondées ». La publicité ou encore les logos auto-décernés (« 100 % naturel », « respectueux de l’environnement »…) concourent à renforcer le soupçon de « green washing » aux yeux du consommateur.


Crédit photo Flick’r: 1er, Action 2000/2ème, Marsupilami92/ 3ème, Gilles Klein


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