Nations Unies :

Les femmes sont-elles indispensables à la paix ?

Quelle est la place des femmes dans les processus de paix ? C’est la question qui a dominé le débat public des Nations Unies, organisé à l’occasion du quinzième anniversaire de la résolution 1325. Un verdict mitigé pour une question cruciale.

©UN Women
©UN Women

Mardi 13 octobre, le Conseil de sécurité des Nations Unies a tenu pour la première fois un débat public pendant une journée entière afin de discuter des résultats de la résolution 1325, quinze ans après son lancement, sur le rôle des femmes dans l’instauration de la paix et de la sécurité à l’international. Cet examen historique a été présidé par le Premier ministre espagnol Mariano Rajoy, en présence de personnalités de divers domaines tels que les médias, l’humanitaire, la politique, ou encore le cinéma.

Les femmes, piliers centraux de la paix

De nouvelles études ont démontré que la présence des femmes aux pourparlers contribuerait à maintenir la paix et à accélérer la reprise économique. Un gouvernement prônant la parité offrirait également une meilleure résistance aux extrémismes et aux conflits. Selon un rapport de l’ONU, le recours aux femmes dans les missions militaires est essentiel. En effet, leur présence participerait grandement à acquérir la confiance des communautés et à assurer au mieux leur protection.

L’ONU a observé ces dernières années des améliorations en termes de parité. En 2014, 88% des processus de paix dans lesquels les Nations Unies ont pris part comportaient des consultations régulières avec des femmes contre 50% en 2011. Néanmoins, ces chiffres ne concernent pas tous les conflits.

Des mesures encore loin d’être totalement appliquées

« Faut-il donc prendre les armes pour être autour d’une table de pourparlers de paix », a déploré Julienne Lusenge, lors de la réunion, le 13 octobre. La présidente de l’ONG Solidarité féminine pour la paix et le développement intégral a notamment dénoncé l’exclusion des femmes des négociations entre le gouvernement de la République démocratique du Congo et des rebelles du M23, responsables de violences notamment envers les femmes en 2013, surtout dans la région du Nord-Kivu dont elle est originaire. « Les femmes sont les premières victimes de la guerre mais elles sont la clé de la paix », a-t-elle également affirmé.

Alors que la 70e session de l’Assemblée générale des Nations Unies, survenue le 27 septembre, a déterminé l’égalité des sexes comme mesure centrale de la nouvelle feuille de route pour le développement à l’échelle mondiale, il semblerait qu’il y ait encore du chemin à faire. « ONU Femmes appelle à l’accélération des efforts engagés pour promouvoir le leadership des femmes en matière de paix et de sécurité, et ce au moyen d’un engagement plus fort au niveau politique, d’un appui financier beaucoup plus conséquent, et de dépenses ciblées. Cet anniversaire doit marquer le moment historique où les mots se transforment en actions », a rappelé Phumzile Mlambo-Ngcuka, Secrétaire générale adjointe des Nations Unies et Directrice exécutive d’ONU Femmes.

Tweet about this on TwitterShare on FacebookShare on Google+Pin on PinterestEmail this to someone

Victoria Putz

Née dans la petite bourgade tranquille de Saint-Cloud, Victoria a vite aspiré aux voyages. Étudiante en journalisme et disciple de la presse écrite, elle roule sa bosse entre web magazines spirituels, culturels et généralistes. Après avoir passé deux mois à l’hebdomadaire TelQuel dans la très animée Casablanca au Maroc, elle entre à Néoplanète pour assouvir sa soif de culture environnementale.