Les établissements de santé passent au DD

Eau, énergie, déchets, transports…. Depuis plusieurs années, hôpitaux et cliniques se mobilisent en faveur du développement durable. Le Baromètre du développement durable en établissement de santé est le premier outil de mesure de ces initiatives écolo. Dévoilée le 5 avril dernier, la campagne 2011 a réuni 498 établissements publics ou privés, soit 55% de plus qu’en 2010.

Parmi les sujets de préoccupations des établissements : la maîtrise de l’énergie (71%) suivi de la réduction des déchets (63%) et la gestion de l’eau (55%). Avec respectivement 17% et 8%, la diminution des gaz à effet de serre et la protection de la biodiversité demeurent minoritaires.

Près de la gare St-Lazare, dans le 8ème arrondissement de Paris, la clinique Turin a mis en place une politique éco-responsable « qui figure dans la stratégie d’établissement depuis 2007, explique Françoise Jacoupy, directrice générale. C’était une prise de conscience de nos gouvernants, mais c’est aussi une priorité mondiale. » Après avoir créé un Comité développement durable en 2007, la clinique s’est notamment concentrée sur le volet social. Etat des lieux des bonnes pratiques.

Soins

Pour faciliter le séjour du patient, et économiser du papier, un écran multimédia sera installé cet été sur les têtes de lit. Doté d’un accès à internet, il comprendra, entre autres, un livret d’accueil, un questionnaire de satisfaction, un guide des opérations, et le dossier du patient, dématérialisé, comme toutes les radios et examens de l’établissement, diffusés en réseau ou sur support numérique. « Notre but est de rendre le patient acteur, précise Krystel Galvez, directrice des services et des soins. Grâce au soutien d’une diététicienne, d’une kinésithérapeute, de l’aromathérapie, de la relaxation ou de techniques non-médicamenteuses, la prise en charge du patient est durable. »

Ressources Humaines

Les RH favorisent d’abord la promotion interne à travers des formations. En matière de recrutement aussi, des efforts sont faits. « Nous attachons une importance particulière à l’emploi senior, qui représente 37% de notre effectif total, et aux travailleurs handicapés, grâce à des partenariats avec l’Agefiph et à des réunions de sensibilisation de notre personnel », explique Bettyna Level à la direction des ressources humaines. Le bien-être au travail passe également par de bonnes relations entre salariés et employeurs. A Turin, la majeure partie des actions se font en accord avec le syndicat de la Fédération de l’Hospitalisation Privée, et la clinique organise des sessions d’accueil du nouvel arrivant où une clé USB « kit de survie » réunissant livret d’accueil, règlement intérieur, consigne de sécurité etc. est distribuée. Les projets ? Une commission bien-être au travail.

Achats

« 50% de nos produits non-médicaux sont labellisés », explique Ludovic Eugène, responsable des achats. Cela va du papier FSC et PEFC aux équipements de bureau certifiés Energy Star. « Si l’on prend les produits d’entretien, 40% sont labellisés, poursuit Ludovic Eugène. Nous souhaitons atteindre les 45%, mais ce sera le maximum. Actuellement, ce n’est pas évident de trouver des produits écologiques performants en terme d’hygiène et qui répondent aux exigences du médical. » Pour tout le reste, Turin multiplie les initiatives : elle imprime ses dossiers médicaux via la société Promoprint, un imprimeur labellisé Imprim’vert, elle met en place des photocopieurs multifonctions collectifs, supprime les imprimantes jets d’encre et imprime recto-verso. Petit plus : un partenariat avec des ESAT (Établissements et services d’aide par le travail) de travailleurs handicapés les fournit en matériel. En 2011, la sous-commission achat aura pour but principal de rédiger une chartre développement durable qu’elle fera signer à ses principaux fournisseurs.

Déchets

La clinique s’est équipée d’un compacteur qui réduit le volume de déchets et donc le nombre de camions nécessaires pour les évacuer. Des filières de recyclage ont également été mises en place pour les piles, les ampoules, les cartouches d’imprimantes et les cartons. Bientôt, des conteneurs de proximité pour récupérer le papier seront installés. Les Dasri (Déchets d’activités de soins à risques infectieux) restent un des gros enjeux de la clinique. Leur taux, de l’ordre de 40 à 45% au lieu de 30%, est important. A plus long terme, Turin envisage de les banaliser grâce aux technologies miniaturisées par micro-ondes, encore en développement.

Energie

Hôpitaux et cliniques sont de gros consommateurs d’énergie : chauffage, climatisation, eau etc. fonctionnent quasiment 24h/24. En matière de chauffage, la clinique Turin s’est récemment équipée de deux chaudières à haut rendement, l’une à 94% et l’autre à 102%, puisqu’une partie de la chaleur des fumées de combustion est récupérée pour chauffer les conduits d’évacuation. « Nous commençons aussi à déployer une Gestion technique centralisée des bâtiments (GTC) qui régule automatiquement le chauffage et la climatisation en fonction des températures extérieures ou des consignes intérieures, comme dans le bloc opératoire où une température de 20° est nécessaire, explique Sébastien Cadieu de la direction des moyens. Nous pouvons optimiser les consommations, avec des températures réduites dans les locaux inoccupés ou des débits de recyclage de l’air minimisés dans le bloc la nuit. » Dans les services, le parc d’éclairage est graduellement remplacé par de la basse consommation, aujourd’hui à hauteur de 15%. En matière d’eau, des brise-jets qui cassent le flux ont été installés sur chaque robinet. La clinique surveille également mensuellement sa consommation d’eau pour repérer d’éventuelles fuites. Un troisième autoclave, qui récupère une partie de l’eau utilisée, permettra de stériliser les instruments du bloc opératoire. Enfin, pour la rénovation du bâtiment, beaucoup reste à faire.

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