Les épices, curatives et durables

Elles relèvent nos préparations culinaires, embaument nos parfums et ont des vertus médicinales. Certaines nous sont aussi familières que le goût du pain ; d’autres sont si exotiques, qu’on ose à peine en ajouter une pincée à un plat. Petit tour d’horizon. (Paru dans Néoplanète n°28)

«Depuis l’origine, l’homme utilise des plantes comme la cannelle, la myrrhe, le nard, l’arbre à encens, le genévrier non seulement pour se soigner et se nourrir, mais aussi pour invoquer et prier les dieux et les forces de la nature. » C’est ainsi que commence l’ouvrage de Patrick Mandala, Les Épices – Vertus médicinales et recettes, illustrant la place particulière qu’occupent, depuis toujours, les épices dans l’histoire de l’humanité.

En effet, on en trouve des traces en cuisine, en médecine, en religion ou en magie depuis plusieurs millénaires. Dans l’Égypte ancienne, les embaumeurs s’en servaient pour la momification des corps. Selon la tradition chrétienne, les Rois mages en offrirent à Jésus. Au Moyen Âge, elles avaient un usage alimentaire et médical, si bien que l’épicier était aussi le pharmacien ! Elles ont même servi à payer des rançons ou à acheter des produits.

Elles étaient donc considérées comme des denrées alimentaires, des médias sacrés, des monnaies d’échange et entraient dans la pharmacopée. Précieuses, rares et chères, les épices, très convoitées, ont été un enjeu économique, commercial et politique, un trésor à conquérir, dans les mouvements de conquêtes. Et si on a quelque peu oublié leurs multiples usages, elles ont aujourd’hui toute leur place en cuisine.

Des épices durables ?

Leur production dans des pays comme l’Inde et la Chine est au centre de bien des enjeux : déforestation, pollution des sols et des eaux, destruction d’habitats naturels, utilisation massive de pesticides dangereux, et mauvaises conditions de travail.

Heureusement les initiatives écologiques existent, comme celle de la Rainforest Alliance en collaboration avec  la Sustainable Spices Initiative. Le projet ?  Inscrire la culture des épices dans une logique de développement durable : conservation des ressources naturelles, gestion des déchets, alternatives aux pesticides, protection des travailleurs et commerce équitable.

Pour l’heure, sept épices dans quatre pays producteurs, sont concernées, avec l’espoir d’étendre le programme à d’autres aromates et à d’autres Etats.

 

Pour en savoir plus :

 

Voir aussi Les bienfaits des épices.

 

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