COP21 :

Les engagements des pays en 5 points

À deux mois de la COP21, la Fondation Nicolas Hulot (FNH), partenaire de Néoplanète, analyse les premiers engagements des pays en cinq points. 

Creative Commons, Pixabay
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147 pays ont déposé leur INDC représentant maintenant 85 % des émissions mondiales

On a donc dorénavant une vision très claire de ce qui sera sur la table avant Paris. Les pays ont joué le jeu et les contributions sont souvent détaillées et de bonne qualité. Il ne manque plus qu’une cinquantaine de Pays, dont 1 seul du G20 (Arabie Saoudite). Une zone est un peu en retard : le Moyen-Orient, il manque là-bas des pays importants, riches mais très dépendants des énergies fossiles (Quatar, Arabie Saoudite, Iran).

Les ambitions sont très diverses

Certaines contributions sont très ambitieuses. Dans les derniers pays : le Brésil qui va beaucoup plus loin que prévu (-43 % en 2030 par rapport à 2005, bien sûr il faudra qu’il arrive à tenir ces engagements notamment sur son engagement « fin déforestation illégale »), mais aussi aujourd’hui le Costa Rica qui confirme vouloir se poser en pays laboratoire mondial de l’économie bas carbone en visant des émissions limitées à 1,7 teCO2/hab en 2030, et une neutralité carbone (grâce aux puits de carbone forêt) dès 2021 (ce qu’ils avaient déjà annoncé). D’autres pays, au contraire, rendent des contributions aux ambitions décevantes : c’est le cas de la Turquie et de l’Argentine. Le premier prévoit de plus que doubler ses émissions totales d’ici 2030, les mettant même alors à plus de 10 teCO2/habitant à cette échéance. Alors que le second envisage d’augmenter ses émissions par personnes pour qu’elles atteignent entre 10 et 12,2 teqCO2 en 2030.

Une contribution indienne un peu décevante

L’inde vise 40 % d’énergies décarbonées (renouvelables + nucléaire) en 2030. La baisse de 33 à 35 % de son intensité carbone à cette échéance couplée à une forte croissance (PIB multiplié par 3,7) conduit à une multiplication par environ 2,5 des émissions de gaz à effet de serre à cette échéance (hors puits de carbone). Le Pays prévoit une politique de reforestation massive. Enfin, l’Inde met en avant dans sa contribution ses efforts récents accomplis pour supprimer les aides aux énergies fossiles.

Malgré ces engagements, nous sommes toujours loin des 2 degrés

Au final, ces ambitions divergentes ont des effets qui s’annulent et les estimations FNH des émissions mondiales totales en 2030 restent proches de 56 GteCO2 en 2030, ce qui est largement trop haut et conduit à une hausse supérieure à 3 degrés d’ici à la fin du siècle. A noter que la contribution indienne pourrait faire augmenter ce chiffre à 60GteCO2.

Les besoins de financement se précisent

Sur les financements, l’analyse actualisée de la FNH porte maintenant sur les besoins financiers exprimés dans les INDC par 31 pays en développement (dont 15 parmi les pays les moins avancés), qui compteront pour 800 millions d’habitants en 2020. Cette analyse montre que les besoins d’investissement climat représentent entre 6 et 7 % du PIB de ces pays, soit autour de 76 $/an par habitant. Si les 100 Milliards de $ promis à Copenhague (qui représentent un montant moyen de 40 $/an et par habitant) étaient effectivement affectés sur les pays en développement, on voit qu’ils représenteraient en gros la moitié des investissements nécessaires ce qui est loin d’être négligeable.

Le prochain thermomètre de la FNH sur les engagements et les financements des pays sortira le 8 octobre 2015. Il fera une analyse complète de l’ensemble des contributions.

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