Les Eddynnovations : une bactérie qui carbure au CO2

Des chercheurs d’Harvard viennent de mettre au point des « feuilles bioniques » capables de produire du carburant à partir de gaz carbonique en s’inspirant de la photosynthèse. Cette invention, décrite dans la revue PNAS, sert plus précisément à transformer l’air et la lumière en isopropanol, un alcool inflammable employé comme additif de l’essence.

pixabay

Comment ça marche :

  • Des molécules d’eau sont divisées grâce à l’énergie solaire récoltée par un panneau photovoltaïque, séparant ainsi l’oxygène et l’hydrogène. Jusqu’ici, rien de révolutionnaire – cette méthode, l’électrolyse, est déjà bien connue.
  • Ce qu’il y a de nouveau est qu’une bactérie, appelée Ralstonia eutropha et capable de produire des composés chimiques complexes à partir de molécules simples, est ensuite alimentée avec l’hydrogène (H) précédemment obtenu, ainsi que du gaz carbonique (CO2). C’est en « cassant » et en « réassemblant » ces molécules, que la bactérie produit l’isopropanol (C3H8O).

 

A quoi ça sert :

  • Nous savons déjà depuis quelque temps comment produire un carburant, l’hydrogène, à l’aide de la lumière du soleil via l’électrolyse. Malheureusement, l’hydrogène est peu pratique à fabriquer, stocker, et transporter, et n’est donc pas viable.
  • La méthode développée à Harvard permet de produire un carburant beaucoup plus simple à utiliser, et ce à partir de gaz carbonique – le même gaz émis en le brûlant.
  • C’est-à-dire que nous pourrions avoir un carburant qui ne produirait, au final, pas de gaz à effet de serre, puisqu’il recyclerait ses propres émissions.

 

La prochaine étape pour les chercheurs est maintenant d’augmenter l’efficacité de leur méthode, afin qu’elle devienne plus abordable, et, pourquoi pas, qu’elle remplace un jour l’extraction du pétrole et des gaz naturels.

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Eddy Delcher

Après un séjour de sept ans en Angleterre et en Afrique du Sud au cours duquel il obtient un diplôme en journalisme, Eddy revient en France afin de poursuivre ses études. En 2014, il rejoint l'équipe de Néoplanète et contribue régulièrement au CNRS International Magazine ainsi qu'au journal du CNRS depuis 2012.