Les coccinelles européennes broient du noir !

Qu’il est bon de contempler son jardin à l’arrivée des beaux jours ! On se prend à remettre la main à la terre, à replanter, cultiver ses massifs… Quand la tâche est terminée, chacun aime balayer son œuvre du regard, satisfait du travail accompli. Mais il se peut que votre plaisir soit gâché par des petites choses noires ou vertes sur les tiges de vos plantes… Des pucerons ! Vite, il faut s’en débarasser. Une solution naturelle est toute trouvée, la coccinelle. Oui mais attention, la bête à bon Dieu peut rapidement se transformer en démon des champs…

adalia_bipunctata_by_macrojunkie

Chez Néoplanète, on refuse l’utilisation des insecticides. Lorsque je me suis retrouvé infesté de pucerons au début du mois je me suis donc naturellement tourné vers leur ennemi héréditaire, la coccinelle. Ne trouvant aucune larve de ces pauvres bêtes de plus en plus rares dans mon jardin je décidais d’en commander une trentaine sur internet. Et pas n’importe lesquelles, des européennes s’il vous plait ! La nuance est importante, vous le verrez.

Problème : mes nouvelles amies mirent plus de 10 jours à arriver. Durant ce laps de temps, les astucieuses fourmis avaient déjà commencé à chaperonner tous les groupes de pucerons présents sur mes fleurs. Autre souci : elles arrivèrent chez moi à des stades larvaires très différents. N’ayant pas à cœur de jeter mes coccinelles dans une attaque kamikaze vouée à l’échec, je pris donc deux heures de mon temps afin d’enduire le bas des tiges de colle végétale, après avoir pris soin de faire déguerpir les fourmis. Je disposais ensuite les larves à l’aide d’un fin pinceau, à raison de deux maximum par colonie de pucerons. Je dormis sur mes deux oreilles, serein, laissant la nature faire son œuvre.

Une nuit en enfer

Quelle ne fut pas mon horreur lorsqu’au petit matin je constatais que les fourmis avaient trouvé d’autres moyens d’accéder aux colonies et qu’il n’y avait plus aucune trace de mes braves larves. Je ne donnais pas cher de leur peau…

Déjeunant dans le jardin de la rédaction le midi, je constatais que notre chère Yolaine était littéralement envahie de larves de coccinelle ! Dont certaines déjà à l’état de nymphes. Vous imaginez ma réaction. Je me saisissais d’un vieux pot à compote, perçais le couvercle, et chapardais quelques unes de ces petites bestioles qui me faisaient les yeux doux. Elles avaient déjà, malgré elles, l’âme aventureuse puisqu’elles firent avec moi le trajet de Malakoff à la banlieue nord de Paris.

Je disposais les larves sur les feuilles les moins exposées aux mandibules des fourmis et conservait les nymphes dans le pot. Le lendemain, par chance (ou pas), les coccinelles étaient déjà sorties de leurs cocons ! Mais, à les observer, je senti que quelque chose clochait. Je m’empressais d’aller jeter un coup d’œil sur internet et mes soupçons se confirmèrent, ces coccinelles étaient asiatiques ! Une mauvaise surprise quand on sait qu’elles sont considérées comme une espèce invasive, car elles rentrent dans les maisons par milliers et qu’elles s’attaquent aux cultures de fruits une fois l’automne arrivé. Ces coccinelles asiatiques sont des concurrentes déloyales des européennes puisqu’elles sont beaucoup trop nombreuses et continuent d’être actives pendant les saisons fraîches.

D’une taille comprise entre 5 et 8 millimètres, Harmonia axyridis compte parmi les plus grandes coccinelles de la faune française. Mais, en raison de sa variété en matière de coloration – au sein d’une même population, la teinte des élytres va du jaune orangé au rouge, et certains individus sont noirs – et de nombre de taches, de zéro à neuf, son identification n’est pas aisée pour un néophyte tel que moi. Très vorace, un adulte peut manger entre 90 et 270 pucerons par jour. Cette histoire est un bel exemple de ce que peut entraîner l’inattention et le manque de connaissance lors de l’introduction d’un animal dans un milieu donné. Pour le cas des coccinelles, faites bien attention à celles que vous achetez ou que vous récupérez dans la nature. On a tiré les leçons de cette expérience et on va même vous donnez un coup de main !

 

Larve de coccinelle européenne - Voici un larve de coccinelle européenne (Adalia bipunctata). On la reconnait à ses points oranges sur le dos et sa petit taille.
Larve de coccinelle européenne – Voici un larve de coccinelle européenne . On la reconnait à ses points oranges sur le dos et sa petite taille.
La coccinelle européenne (Adalia bipunctata) est reconnaissable à ses points bien dessinés et elle reste dehors en hiver. La plus connue en France est la coccinelle à 7 points.
La coccinelle européenne (Adalia bipunctata) est reconnaissable à ses points bien dessinés et nets, et elle reste dehors en hiver. La plus connue en France est la coccinelle à 7 points.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La larve de la coccinelle asiatique (harmonia axyridis) est couverte d'épines souples et elle possède deux bandes dorsales parallèles orange. Elle se nourrit de pucerons mais peut aussi se nourrir de cochenilles, d'acariens et si elle ne trouve plus de nourriture, elle  peut se nourrir d'oeufs ou d'autres larves de coccinelles. Pas très agréable.
La larve de la coccinelle asiatique (harmonia axyridis) est couverte d’épines souples et elle possède deux bandes dorsales parallèles orange. Elle se nourrit de pucerons mais peut aussi se nourrir de cochenilles, d’acariens et si elle ne trouve plus de nourriture, elle peut se nourrir d’oeufs ou d’autres larves de coccinelles. Pas très agréable.
La coccinelle asiatique (harmonia axyridis) est reconnaissable avec ses taches mal dessinées, sa taille plus grande que les autres et le fait qu'elle rentre dans les maisons en hiver. Il en existe de couleurs différentes (orange, noire, rouge, etc.) et le nombre de taches varie. Importée d'Asie pour lutter contre les pucerons, cette coccinelle est devenue une espèce invasive car elle se répend à grande vitesse et peut faire de gros dégâts sur les cultures de fruits en automne.
La coccinelle asiatique (harmonia axyridis) est reconnaissable avec ses taches mal dessinées, sa taille plus grande que les autres et le fait qu’elle rentre dans les maisons en hiver. Il en existe de couleurs différentes (orange, noire, rouge, etc.) et le nombre de taches varie. Importée d’Asie pour lutter contre les pucerons, cette coccinelle est devenue une espèce invasive car elle se répend à grande vitesse et peut faire de gros dégâts sur les cultures de fruits en automne.
Tweet about this on TwitterShare on FacebookShare on Google+Pin on PinterestEmail this to someone

Paul Brinio

Né dans le sac à dos de ses parents, cet aspirant journaliste tombe rapidement amoureux de la radio. Après avoir traîné sa barbe et ses cheveux à RFI Bruxelles et dans des rédactions locales, il termine sa formation de journaliste, rejoint l'équipe de Néoplanète en 2015 et continu ses études de géopolitique dans un souci de conquête mondiale.