Les Chinois veulent tuer Pikachu !

Oubliez les chiens et les chats, cette fois ce sont les pikas, ces petites souris ayant inspiré le célèbre Pokemon « Pikachu », qui sont dans le viseur des Chinois.pikachu_by_thepainterguy-d4admg3 - deviant art

Bien que le pays n’ait pas encore fêté la nouvelle année, le gouvernement a déjà pris la « bonne » résolution d’empoisonner l’espèce en injectant dans ses sols du phosphate de zinc, un composé chimique notamment utilisé pour rendre le fer imperméable. Mais cela ne date pas d’hier puisque des chercheurs de l’Arizona State University accusent la Chine, qui a déclaré le pika comme animal nuisible, d’empoisonner ses terres depuis 1958 afin d’exterminer le rongeur pour « l’impact négatif » qu’il aurait sur les plaines du nord-ouest du pays. A compter de 2006, 360 000 km2 avaient déjà été traités (ou plutôt, pollués) au phosphate de zinc dans la province de Qinghai, et le gouvernement ne compte pas relâcher ses efforts puisqu’une nouvelle phase d’empoisonnement ciblant 110 000 km2 de plus a débuté fin 2014. Tout cela, pour la modique somme de 30 millions d’euros.

Royle's_Pika_at_Tungnath,_Ut tarkhand,_India_on_13th_June_2013 - wikipedia

Sauf que le pika, qui a pour habitude de creuser de vastes réseaux souterrains, ne serait pas la cause du problème et emménagerait dans des zones déjà abîmées. Selon les chercheurs, sa présence aurait de plus un effet bénéfique sur l’environnement. Ses terriers permettraient par exemple à l’eau de mieux s’infiltrer dans le sol et de réduire ainsi le risque d’inondations lors des moussons. Leur disparition impacterait aussi d’autres espèces, tels que les oiseaux et lézards qui vivent aussi dans ces terriers.

Exterminer plusieurs espèces tout en polluant l’environnement, ou la sagesse chinoise à l’œuvre pour faire d’une pierre deux coups.

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Eddy Delcher

Après un séjour de sept ans en Angleterre et en Afrique du Sud au cours duquel il obtient un diplôme en journalisme, Eddy revient en France afin de poursuivre ses études. En 2014, il rejoint l'équipe de Néoplanète et contribue régulièrement au CNRS International Magazine ainsi qu'au journal du CNRS depuis 2012.