Les baleines à bosse récupèrent, mais les autres cétacés font face à des menaces croissantes.

D’après un communiqué IFAW du 11 août 2008

Une révision du statut des baleines à bosse sur la Liste Rouge des Espèces menacées a été annoncée par l’UICN (l’Union mondiale pour la conservation de la nature) dont le siège est à Gland, en Suisse. La baleine à bosse, dont le nombre avait énormément baissé, pour atteindre un niveau très bas en 1970 du fait de la chasse commerciale, a considérablement repris depuis 40 ans, grâce à la protection internationale. Son statut est donc passé de « vulnérable » à « préoccupation mineure »sur la Liste Rouge. Deux sous-espèces, les baleines à bosse d’Océanie et celle du Golfe Persique sont encore classées comme en danger.

« C’est une énorme victoire pour les baleines à bosse et tous ceux qui ont oeuvré pendant plus de quarante ans pour les protéger, » a déclaré Patrick Ramage, Directeur du Programme global sur les baleines d’IFAW (le Fonds international pour la protection des animaux – http://www.ifaw.org). « L’arrêt de la chasse commerciale des baleines a été l’une des victoires les plus importantes de la conservation au XXème siècle. Aujourd’hui, les grands cétacés de la planète sont confrontés à des menaces croissantes, notamment la reprise de la chasse à la baleine par le Japon, l’Islande et la Norvège. C’est au tour de notre génération de maintenir ces créatures magnifiques à l’écart pour toujours de la liste des cibles. »

Les révisions de la Liste Rouge de l’UICN nous rappellent les défis auxquels font face les cétacés, qui luttent encore pour récupérer après plus d’un siècle de chasse commerciale. La baleine bleue de l’Antarctique, le plus gros animal ayant vécu sur terre, a montré quelques signes de récupération, mais elle est encore si rare qu’elle reste inscrite sur la liste comme étant « en danger critique d’extinction », la plus haute catégorie de menace. Le rorqual commun et le rorqual boréal, qui furent la base de l’industrie baleinière internationale, restent toujours classés « en danger » et n’ont pas montré d’amélioration substantielle depuis que ces espèces ont été décimées par la chasse commerciale à la baleine. En dépit de leur statut d’espèce menacée, elles sont toujours chassées par le Japon. L’Islande a chassé le rorqual commun jusqu’en 2006 et ce pays a de nouveau tenté dernièrement de reprendre le commerce international de la viande de rorqual commun.

La plupart des pays ont arrêté de chasser le rorqual commun et le rorqual boréal dans les années 70, mais le Japon a repris la chasse au rorqual boréal en 2002, sous prétexte de prises « à des fins scientifiques ». En 2006, la flotte baleinière japonaise dans l’Antarctique a repris la chasse au rorqual commun, mettant ainsi un terme à 30 ans de protection pour les grands cétacés dans l’Antarctique, en dépit de leur statut permanent d’espèce en danger.
Depuis 2006, le gouvernement japonais a menacé de reprendre l’abattage des baleines à bosse dans l’Antarctique, défiant à la fois le moratoire international sur la chasse commerciale des baleines et le Sanctuaire baleinier de l’Océan Austral, un sanctuaire baleinier circumpolaire instauré par la Commission baleinière internationale en 1994.

La baleine à bosse étant extrêmement visible et presque charismatique, elle est devenue l’une des icônes du mouvement écologiste et l’une des pierres angulaires de l’industrie de l’observation des baleines, dont la croissance est notable dans le monde entier. Les experts qualifient de « success story » la révision de la liste de l’UICN dans le cadre des efforts menés pour protéger les grands cétacés de la planète.

« La conservation fonctionne, » commente P.Ramage. « Lorsque nous agissons de manière responsable, les espèces menacées commencent à récupérer. La baleine à bosse et d’autres grandes espèces de cétacés ne reviendront peut-être jamais à leur population d’origine, mais la nouvelle est très encourageante pour tous ceux qui se préoccupent de l’avenir de ces êtres magnifiques.

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Tout juste diplômée en lettres et communication, Alexandrine fait ses débuts de journaliste au sein de la rédaction de NEOPLANETE. Elle s'occupe aujourd'hui principalement du contenu du site internet.