Livre :

Les animaux du futur sont en librairie

Quel serait le visage de notre planète dans 10 millions d’années ? La réponse se trouve peut-être dans Demain, les animaux du futur, aux éditions Belin, un livre qui imagine la faune et la flore de l’avenir.

Gigapterus est une chauve-souris diurne mesurant 15 mètres. Il possède un squelette super-allégé ainsi que des cellules pigmentaires  sur ses ailes, qui lui permettent de capter et d'emmagasiner l'énergie solaire en plein vol. DR

À l’heure où la liste des animaux en voie de disparition ne cesse de s’allonger, Marc Boulay, sculpteur animalier et Jean-Sébastien Steyer, paléontologue au CNRS, ont imaginé un monde futuriste et une biodiversité inédite dans le livre Demain, les animaux du futur. L’ouvrage a aussi été précédé d’une exposition à l’Aquarium de Nancy, durant laquelle les visiteurs ont pu observer 18 images provenant du livre.

À l’origine du projet, une volonté de montrer l’impact des hommes sur la nature. Pour Jean-Sébastien Steyer , rattaché au Muséum national d’Histoire naturelle, il fallait « créer une vision sans hommes pour montrer qu’il n’est pas une finalité dans l’évolution ». Pour lui, l’évolution ne possède pas de hiérarchie, et elle est très difficile à prédire en raison de sa complexité.

Pour créer ce monde futuriste, les deux auteurs ont travaillé pendant 15 ans sur la biologie spéculative, une sous-matière de la biologie qui consiste à imaginer l’état de la planète et l’évolution de sa biodiversité sur une échelle de 10 millions d’années. « Dix millions d’années, c’est la durée de vie maximum de nombreuses espèces fossiles », expliquent les deux auteurs au Monde. Pour donner une dimension scientifique à ce monde futuriste, Jean-Sébastien Steyer a étudié la vitesse du mouvement des plaques tectoniques. À raison de 1 à 10 km parcourus par million d’années, le paysage présenté est sensiblement différent comparé à celui de notre époque.

Une fois ce décor planté, c’est au tour de Marc Boulay d’imaginer à partir de ses observations sur le monde animal de nouvelles espèces aussi bien au niveau de la faune qu’à celui de la flore. Un travail influencé par ses travaux avec Jean-Sébastien Steyer sur la préhistoire. Des animaux actuels se sont donc vus dotés d’innovations morphologiques telles que le Gigapterus, une chauve-souris mesurant une quinzaine de mètres, diurne, dont le squelette allégé (os creux) lui permet de voler malgré son envergure. D’autres ont subi des réversions de caractères comme le Neoviraptor, qui a vu ses ailes régresser au point de devenir terrestre.

Ces corbeaux du futur mesurant environ 50 cm de haut ont vu leurs ailes régresser et sont devenus terrestres. Ils ont néanmoins développé un langage complexe et une excellente mémoire. DR

Marc Boulay n’en est pas à son coup d’essai. Dans les années 90, il avait collaboré avec le géologue Dougal Dixon, pionnier de la biologie spéculative. À l’issue de ce partenariat était né le documentaire-fiction : «Krakken, Future ocean ». Cette fois-ci, la contribution de Jean-Sébastien Steyer a permis de donner une dimension plus réaliste à son projet. « Le livre reste néanmoins dans le domaine de la science-fiction », a affirmé le paléontologue.

 

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Victoria Putz

Née dans la petite bourgade tranquille de Saint-Cloud, Victoria a vite aspiré aux voyages. Étudiante en journalisme et disciple de la presse écrite, elle roule sa bosse entre web magazines spirituels, culturels et généralistes. Après avoir passé deux mois à l’hebdomadaire TelQuel dans la très animée Casablanca au Maroc, elle entre à Néoplanète pour assouvir sa soif de culture environnementale.