L’environnement, faut pas s’en foot !

StadeGarrincha_vueintérieure - Copyright Mello CastroCertains sports sont davantage montrés du doigt que d’autres pour leurs impacts écologiques, comme par exemple la Formule 1, alors que d’autres semblent plus innocents puisqu’ils ne font appel qu’à des hommes ou des femmes qui courent après un ballon. Pourtant le football a une multitude d’impacts liés non pas à sa pratique mais à son environnement (stades, déplacements, supporters, énergies…). Par Eddy Delcher et Arnaud Raymond

Fondé en Angleterre en 1863 sous sa forme actuelle, le football est aujourd’hui le sport n°1 dans le monde. On peut y jouer partout, sur un terrain vague comme dans un stade olympique. Avec plus de 300 000 clubs et plus de 265 millions de licenciés dans le monde (dont 10% de femmes), le ballon rond s’impose comme la discipline internationale par excellence. Cette aura toute particulière lui confère un rôle central d’exemplarité.

L’image que renvoie l’organisation d’un grand événement, l’attitude des rois du dribble, le symbole incarné par la mascotte … Tout compte. Tout compte, car tout message est démultiplié par l’atmosphère quasi-mystique qui imprègne la planète foot, des stades en liesse jusqu’aux salons des téléspectateurs. Tout compte, y compris l’air que l’on pollue, l’eau que l’on gaspille, le CO2 que l’on émet quand des millions de supporters traversent la planète à grands coups d’ailes. De nombreux clubs ont pris conscience de ces impacts avec le soutien de leurs fédérations et agissent dans le bon sens depuis une dizaine d’années. Pas juste pour la galerie.

TramBrésil_flickr_RodrigoSoldonLe paris du Green Goal en 2006

La durabilité des méga-manifestations est devenue une préoccupation récente et a fortiori dans le monde du sport. Pour la FIFA, elle a vraiment pris sens lors de la Coupe du monde 2006, en Allemagne, avec le programme pilote Green Goal, lancé avec le soutien du Programme des Nations-Unies pour l’Environnement (PNUE). Depuis, la FIFA décline l’initiative en lien avec les instances nationales du foot et les autorités locales. Ce programme se structure autour de neuf objectifs majeurs qui peuvent s’appliquer à toutes les manifestations :
– Minimiser l’empreinte carbone, donc les émissions de gaz à effet de serre ;
– Minimiser l’utilisation d’eau potable et promouvoir la préservation des ressources en eau ;
– Réduire, réutiliser et recycler les déchets ;
– Promouvoir des modes de transport efficaces, peu polluants et accessibles à tous ;
– Préserver les paysages locaux et améliorer la biodiversité ;
– Sensibiliser aux gestes responsables et aux constructions durables ;
– Promouvoir un tourisme responsable pour l’événement et au-delà ;
– Transmettre le message de sensibilisation aux communautés locales et aux visiteurs ;
– Assurer un suivi et mesurer les progrès réalisés pour aller plus loin.

TramBrésil2_flickr_RodrigoSoldonUn programme adapté à la Coupe du monde, deuxième événement sportif de la planète après les JO. Puisqu’un impact environnemental est inévitable, la FIFA cherche à le minimiser dès la mise en place des infrastructures, mais aussi pendant et après les manifestations, en invitant les supporters à adopter une attitude responsable et en mettant en place une gestion durable des stades.
En 2006, les objectifs très ambitieux des Allemands (neutralité des émissions carbone, réduction de 20% des déchets, de la consommation en eau et énergie, utilisation des transports en commun par la moitié des spectateurs) ne seront que partiellement atteints. La fédération allemande de football et la FIFA adoptent alors la compensation en investissant 1,3 million d’euros dans des projets de développement durable pour la région indienne du Tamil Nadu.
L’UEFA fait aussi un pas dans le bon sens lors de l’Euro 2008 en Autriche et en Suisse : transports publics gratuits pendant 36 heures, campagnes de sensibilisation, guides de bonnes pratiques.
Deux ans plus tard, en Afrique du Sud, les mesures s’étoffent : interdiction de circulation pour les véhicules les plus polluants, promotion des transports en commun, réalisation d’évaluations énergétiques tous les 6 mois dans les stades, utilisation d’électricité d’origine renouvelable, récupération d’eau de pluie pour l’arrosage des pelouses, installation de matériaux recyclables, mise en place de gobelets réutilisables et de poubelles de tri et distribution d’un « Passeport vert » incitant le public à respecter la nature et la biodiversité. Gros bémol : la Coupe du monde 2010 se déroule en… Afrique du Sud.

De fait, l’empreinte carbone du Mondial 2010 est neuf fois plus élevée qu’en 2006. Le choix du pays d’accueil est donc primordial. On ne peut que regretter, tout comme le président de la FIFA Sepp Blatter le faisait récemment, le choix du Qatar pour l’édition 2022, un pays où la climatisation est allumée même en hiver ?

Une Coupe du Monde vert pâle et Fuleco, le symbole de cette coupe du monde sont à découvrir page 2

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