L’écologie, un truc de riche ?

La consommation responsable ? 47 % des Français interrogés par Ethicity, cabinet de conseil en développement durable, y sont sensibles. Mais comment se positionnent les 8,6 millions de personnes vivant sous le seuil de pauvreté ? Le cabinet s’y intéresse dans l’étude « Les Français à faibles revenus et la consommation durable. »

« Ceux qui ont besoin de faire des économies sont les moins sensibilisés et font partie de ceux qui agissent le moins. » Tel était le constat que dressait Elisabeth Pastore-Reiss, fondatrice d’Ethicity, dans l’étude réalisée par son cabinet, « Les Français et la consommation durable » (septembre 2012). Depuis, la nouvelle étude est sortie.

Que révèle-t-elle ?

  • Les personnes précaires sont soucieuses du coût de la vie, mais 61,8% ne considèrent pas le développement durable comme une nécessité (contre 68 % pour la moyenne française).
  • Les 15-24 ans en difficultés économiques sont davantage sensibilisés, mais agissent moins que leurs ainés en matière de recyclage, d’économies d’énergie, de baisse du gâchis
  • 28,9% des Français à faibles revenus affirment qu’ils n’ont pas changé leurs comportements de consommation à cause de leur pouvoir d’achat.
  • 48,5% pensent qu’il y a trop de choix dans les produits bio, et que leurs messages sont trop complexes. Pour 22 % d’entre eux, les hypermarchés ont d’ailleurs un rôle d’information sur les produits en magasin à jouer.

Pourtant…

  • Ces ménages consomment moins de viande, privilégient les formats économiques et les transports en commun.
  • Les économies d’énergie leur permettent de limiter leur consommation d’eau ou d’électricité et modifie leurs habitudes alimentaires. En congelant, conservant et en réutilisant, ils limitent le gaspillage alimentaire.
  • En cas de besoin, les foyers en difficulté font moins appel aux professionnels qu’aux systèmes d’entraides (amis, voisins, associations…).

Quelles solutions ?

Pour Elisabeth Pastore-Reiss, pas de doute, « il faut montrer en quoi la consommation durable a des bénéfices économiques et sert la qualité de vie. » Il faut valoriser les systèmes D et l’entraide (les approches collectives comme l’Accorderie).

L’étude incite les parents en situation financière difficile à sensibiliser leurs enfants, car 12,1% des personnes précaires interrogées ont changé leurs habitudes suite à l’insistance de leurs proches, contre 9,1% sur l’échelle nationale.

 

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Après un an passé en Irlande où elle obtient son bac à lauréat, elle revient en France où elle suit une année de lettres modernes à la faculté de Bordeaux. Depuis 2011 elle suit une formation de journaliste à Paris.