Le Vélib’, le succès et les couacs

La journée sans voitures, c’est le 22 septembre prochain. L’occasion de repenser nos modes de déplacements. Et d’adopter des moyens de locomotion plus responsables. Allez, on se met en selle pour découvrir les vrais bénéfices du Vélib’, le système de vélo en libre-service de Paris.

Arrivé dans la capitale en juillet 2007, le succès du Vélib’ a été immédiat. Pour 1 € la journée, tout le monde s’empresse de l’essayer… et de lui mettre des bâtons dans les roues.

Le VELIB’ : une addition salée

On a tout dit sur ce beau bébé de 22 kg, surtout le pire : sept morts, des vélos cassés, disparus, des câbles de freins arrachés, des selles déchirées… On retrouve des Velib’ jusque dans la Seine, noyés. On en retrouve aussi brulés au pied des immeubles, en pièces détachées derrière un hôpital. Ajoutez à cela les problèmes logistiques comme les stations engorgées aux heures de pointe ou encore les bornes qui ne fonctionnent pas. Bref, l’utilisation massive de vélos à Paris génère plus de casse que ses concepteurs l’avaient redouté.

Le leader mondial de la distribution de vélos en libre service (avec 42 000 vélos distribués dans 55 villes de France et 12 à l’étranger) a fort à faire à Paris pour enrayer les problèmes de dégradation. L’accord initial entre la mairie et JC Decaux était le suivant : contre l’installation de 20 600 vélos et 3,5 millions d’euros de versements annuels, l’entreprise exploitait gratuitement plus de 1 600 panneaux publicitaires, abribus… Mais combien coûte réellement un Vélib’ ? Un secret bien gardé par son fournisseur. D’après une enquête du GART (le Groupement des autorités responsables des transports), on estime que chaque vélo coûterait environ 2 000 à 3 000 euros par an.

Un succès populaire

Néanmoins, le Vélib’ est un vrai titi parisien, bien ancré dans le paysage urbain et plébiscité par ses utilisateurs. Les dernières études le prouvent : un taux de satisfaction de 94% selon le blog Vélib’ et moi. A ce rythme, c’est même une véritable révolution de la mobilité qui est en train de se jouer dans les rues de la capitale. Trop chères et trop polluantes, les voitures ne sont plus aussi populaires alors que les ventes de vélos explosent : + 7% en 2009. Qui dit plus de vélos en libre service, dit aussi plus de pistes cyclables. L’aménagement urbain évolue pour mieux s’adapter à ce type de transport. Un exemple ? Les rues à double sens cyclable se développent pour favoriser l’utilisation du vélo au quotidien et inciter les cyclistes à contourner les grands axes de circulation.Résultat : depuis la mise en place du vélo en libre service à Paris, la FUB (Fédération française des Usagers de Bicyclette) a enregistré une hausse de 70% des déplacements en vélo dans les rues de la capitale depuis 2007. Selon une étude récente, Vélib’ est utilisé par tous : les femmes (48% des usagers) comme les hommes (52%), les moins de 25 ans (16%) comme les plus de 56 ans (8%), les employés (16%) comme les étudiants (10%). Avec une station tous les 300 mètres et des vélos accessibles 24h/24, le Vélib’ est devenu un symbole parisien, au même titre que le petit noir au comptoir… De quoi encourager JC Decaux à renforcer son dispositif et pérenniser le système.

 

L’écologie et la santé publique

Le combat pour la réduction des gaz à effets de serre est au cœur des préoccupations de la ville de Paris. De par sa nature, le Vélib’ est un excellent moyen de réduire la pollution et les nuisances sonores générées par le trafic automobile. Par ailleurs, d’après une étude d’Airparif, l’association de surveillance de la qualité de l’air en Ile-de-France, on est moins exposé à la pollution à vélo qu’en voiture. Et ce pour plusieurs raisons. Premièrement, le vélo est un des moyens les plus rapides de circuler : on est donc moins vulnérable car plus mobile, contrairement aux véhicules bloqués dans les interminables bouchons. D’autre part, un cycliste choisit des itinéraires, en évitant les grands axes routiers, les tunnels et tous les hauts lieux de pollution. Bref, en ville, les automobilistes sont deux à huit fois plus sujets à la pollution de l’air que les vélos.

Mieux : bouger en vélo, c’est bon pour la santé ! Outre les trente minutes de sport quotidien conseillées par le gouvernement, des chercheurs de l’université d’Utrecht et de la Netherlands Environmental Assessment Agency ont mesuré les risques et les bénéfices sanitaires du vélo. A l’échelle individuelle, faire du vélo quotidiennement permet de gagner 3 à 14 mois d’espérance de vie. Les chercheurs danois ont montré que préférer le vélo aux transports en commun pour aller au travail permet d’être également moins malade.

Mais alors, comment concilier utilisation du vélo en masse et respect de l’engin ? Il existe des pays exemplaires en la matière comme le Danemark, l’Allemagne ou les Pays-Bas. Plus de voies cyclables, des vélos de meilleure qualité, un comportement des usagers et des automobilistes respectueux… Voilà sûrement la clé de voûte d’un service bien huilé et efficace. Mais que ce système soit pérenne ou non, il aura eu l’avantage d’amorcer une révolution vers une mobilité plus saine, plus respectueuse de l’environnement. Plus rapide aussi car n’oubliez pas, comme le disait Joe Dassin : « Dans Paris, à vélo, on dépasse les autos »

Pour plus d’informations :
la semaine de la mobilité sur le site de NEOPLANETE
Le blog de Vélib et Moi

 


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