Le transfert d’animaux, danger sanitaire ?

Depuis des millénaires, la faune et la flore évoluent en fonction de leur environnement, afin de s’y adapter, d’y élever leurs petits et d’assurer, ainsi, la pérennité de l’espèce. Si certains parviennent à survivre dans de nouvelles contrées, il leur faut parfois du temps.

Et c’est sans compter les conséquences sur les animaux qui y vivent déjà. Ils peuvent être mangés par les nouveaux venus, affaiblis par des maladies importées par ces « étrangers » ou mourir, faute de nourriture (compétition). Par exemple, l’écureuil de Corée, vendu comme animal de compagnie avant d’être relâché dans la nature, a envahi les forêts et, via des tiques, a augmenté les risques de maladie de Lyme pour les promeneurs du dimanche.

 

 

DE NOUVELLES ÉPIDÉMIES

Un certain nombre de grandes épidémies sont, d’ailleurs, nées lors de transfert d’animaux. Ainsi, les agneaux nés en Nouvelle-Zélande qui, après une escale en Grande-Bretagne, débarquent dans les bergeries mayennaises. Fragilisés par le voyage et l’inconnu, ils ont développé la fièvre aphteuse.

Autre cas : la FCO (fièvre catarrhale ovine) qui vit en bonne entente avec les zébus africains. Hébergé par un moucheron, ce virus est arrivé par avion en France et s’est installé dans nos campagnes. Malheureusement, lorsque l’insecte a piqué nos vaches, elles n’ont pas résisté à ce nouveau mal.

À l’inverse, les animaux des terres lointaines apportent de la biodiversité, comme la vache jersiaise, originaire de l’île de jersey, qui vit aujourd’hui de la Bretagne jusqu’au Jura, en passant par le Massif Central. Ce petit bovin excelle pour fabriquer du lait à partir de fourrages grossiers. Un lait recherché pour la fabrication de fromage, car il ressemble à de la crème lorsqu’il sort de la mamelle, tant il contient de matières grasses.

Une espèce de moutons originaire d’Asie a su s’adapter à l’humidité européenne difficile pour ses sabots, dont la corne n’avait connu que des terrains secs et durs ; même s’il en a souffert et qu’il reste encore sensible au parasitisme des régions au nord de la Loire.

Quant aux poneys issus des îles Shetland, ils ont aidé, durant des décennies, les mineurs du Nord de la France. Ils tiraient les charrettes de charbon, avant que les transports ne se mécanisent. Et, aujourd’hui, ils sont les plus merveilleux compagnons de nos enfants.

 

Cet article est extrait de Néoplanète 28.

 

 

Découvrez la chronique de Marie-Christine Favé : « Que faire quand il fait un froid de canard ? »

 

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Marie-Christine Favé

Vétérinaire, Marie-Christine Favé accompagne depuis plus de 15 années les éleveurs et particuliers à construire l’équilibre comportemental et la santé de leurs Animaux de ferme et de compagnie, et clarifier la relation entre l’homme et les animaux.