Le siècle de la soif ?

À l’instigation des Nations unies, le 22 mars est, depuis 1993, la Journée mondiale de l’eau. Célébrée cette année au Cap, en Afrique du Sud, elle mettra l’accent sur les difficultés à s’approvisionner en eau potable dans les zones urbaines, en particulier dans les pays du Sud. Pour la première fois dans l’histoire de l’humanité, plus de la moitié de la population habite en ville.

Cette chronique est extraite de NEOPLANETE 19

Ressource vitale (contrairement au pétrole) et bien de consommation essentiellement payant (contrairement à l’oxygène ou aux rayons du soleil), l’eau se fait rare et constitue ainsi la plus terrible source d’injustice et d’inégalité : première cause de mortalité dans le monde et conflits entre de nombreux États. Il était donc indispensable que le droit se mobilise. Le droit à une eau potable salubre et propre a ainsi été reconnu par l’Assemblée générale des Nations unies, le 28 juillet 2010. Mais, cette question reste totalement dépendante du mode de gouvernance étatique.

L’eau, comme la nourriture, est un sujet éminemment politique. Plus qu’à la pauvreté ou aux conditions climatiques, les famines sont en effet dues à l’absence de démocratie. Comme l’a fait remarquer l’économiste indien et prix Nobel, Amartya Sen. Quand l’Inde est devenue indépendante et démocratique, les famines, si courantes du tant de l’empire colonial, ont cessé. Une presse libre et le suffrage universel ont permis de surmonter l’explosion démographique, le manque d’infrastructures et la pauvreté de la ressource.

L’accès à l’eau potable pour tous est donc possible, mais à condition d’être une priorité absolue. Or, service public structurellement déficitaire, l’accès à l’eau et à l’assainissement ne seront jamais une priorité pour les dictatures et les États corrompus. L’action internationale n’en est donc que plus essentielle. Les mécanismes de financements destinés aux pays du Sud doivent être conditionnés à un accès à une eau saine. Un contrôle international beaucoup plus strict devrait encadrer le comportement des multinationales de l’eau, dont l’action, par exemple en Amérique du Sud, est souvent sujette aux plus grandes réserves.

Notons enfin, que ce droit a été officiellement reconnu en France dans le cadre de la loi sur l’eau et les milieux aquatiques du 30 décembre 2006 :« L’usage de l’eau appartient à tous et chaque personne physique, pour son alimentation et son hygiène, a le droit d’accéder à l’eau potable dans des conditions économiquement acceptables par tous ».

Découvrez la chronique droit de Nicolas Gardères : « Rapport RSE : simple outil de communication ? »

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