Le retour de la loutre dans nos rivières

Les rivières font partie des zones humides abritant de nombreux habitats et diverses espèces, dont certaines migratrices. Dans l’hémisphère nord, des espèces telles que les saumons, castors, écrevisses, plantes et autres algues y jouent des fonctions importantes. Or, les rivières sont de plus en plus propres, notamment en Grande-Bretagne, ce qui permet le retour de nombreuses espèces comme la loutre.


Pourquoi les loutres avaient-elles disparu ?
Pour Andrew Crawford, qui a coordonné une étude en Angleterre, l’utilisation des pesticides organochlorés, très toxiques, a été en grande partie responsable de la quasi-disparition de la loutre entre 1958 et les années 1970. Leur interdiction progressive a permis de repeupler les rivières en poissons et en loutres. Outre la pollution, la loutre doit aussi affronter d’autres dangers modernes, et notamment sur la route : près d’un millier d’entre elles auraient été écrasées sur les routes d’Angleterre depuis l’étude de 2002.

La situation en France

La loutre a fait son retour, notamment dans le bassin de la Loire qui bénéficie d’un important programme environnemental. Ce poisson est protégé depuis 1978 en Angleterre et depuis 1981 en France, où on en comptait 50.000 il y a un siècle contre seulement 2000 à 3000 aujourd’hui). Le retour de la loutre dans les Pyrénées centrales – Ariège, Haute-Garonne et Hautes-Pyrénées – s’est amorcé dans les années 2000 après une période de quasi absence de plusieurs décennies. Cette tendance à la recolonisation n’est pas propre à notre région de France, elle concerne aussi l’Espagne. Son extension est du même ordre dans les Pyrénées-Orientales, l’Aude et probablement dans les Pyrénées-Atlantiques département pour lequel il n’existe pas de synthèse des observations.

La situation en Grande-Bretagne

Bonne nouvelle : la dernière décennie a été la meilleure pour les cours d’eau depuis la révolution industrielle. Un nombre record de saumons et de truites de mer ont ainsi été trouvés dans la Mersey, la Tyne et la Tamise, pendant que les loutres sont réapparues dans toutes les régions d’Angleterre et du Pays de Galles, après avoir quasiment disparu dans les années 70 à cause de la mauvaise qualité de l’eau et des pesticides, selon une étude de l’Agence de l’environnement. La plus forte augmentation du nombre de loutres a été observée dans l’East Anglia et … dans la Tamise, où la qualité de l’eau s’est notablement améliorée. A tel point que le fleuve a remporté un prix d’environnement international, le « Theiss River Prize » pour la réussite dans la gestion des rivières et sa restauration. Reste que toutes les rivières ne sont pas aussi accueillantes: on ne trouve toujours pas de loutre dans le Kent (Sud-est de l’Angleterre), alors qu’elles abondent dans le Sud-ouest et dans la rivière Wye, qui forme une partie de la frontière entre l’Angleterre et le Pays de Galles.


Mike Baird from Morro Bay, USA Le retour de la loutre à Bornéo

Parmi les espèces les plus menacées, la loutre à nez poilu a été redécouverte dans une réserve forestière de Malaisie réccement. Cela faisait près de 100 ans qu’on n’avait plus aperçu de loutre à nez poilu (Lutra sumatrana) à Deramakot une réserve forestière située au Nord de Bornéo, dans l’état de Sabah qui appartient à la Malaisie. « Sur toute l’île de Bornéo, le dernier spécimen observé remonte à 1997, soit plus de dix ans. Par conséquent, les scientifiques ne savaient pas si cette espèce existait encore à Bornéo », raconte  Andreas Wilting, chef de projet à l’institut Leibniz pour les zoos et la vie sauvage (IZW) selon « Sciences et Avenir.fr ».

Mais la loutre n’a jamais complètement disparu
C’est ce qu’affirme Romuald Dohogne à « La Nouvelle république.fr » : « Longtemps pourchassée, elle a adopté une attitude très discrète, en privilégiant les sorties nocturnes. Cela a rendu son observation difficile. Pendant deux ans, nous avons mené une étude sur les sites Natura 2000 situés en Brenne et dans les vallées de l’Anglin, de la Creuse et de l’Indre. Nous nous sommes notamment intéressés aux crottes des loutres, joliment appelées épreintes. Un indicateur essentiel pour connaître les habitudes alimentaires de l’animal. »

Les pêcheurs et les agriculteurs doivent-ils s’inquiéter de ce retour ?
Absolument pas. L’espèce n’est pas prolifique et s’autorégule. Aucun risque d’invasion donc. Par contre, elle se gave d’écrevisses. On pense à celles de Louisiane, qui constituent une menace bien plus importante.



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