Le reboisement, un écran de fumée ?

Replanter des arbres c’est la nouvelle tendance du moment. De plus en plus de projets fleurissent parmi les entreprises. Mais est-ce vraiment efficace ?

Reboisement sur le flanc nord de la montagne de Lure ©Sebastien Thebault
Reboisement sur le flanc nord de la montagne de Lure
©Sebastien Thebault

Si le sondage récemment réalisé par la société Greenflex sur l’intérêt des français pour l’environnement est accablant (24% s’en désintéresse), une nouvelle mode prend doucement son essor : celle du reboisement des forêts. Dimanche 7 juin, la Course pour le Climat, en partenariat avec la Région et la Direction régionale Île-de-France réunira environs 1 500 personnes. En marge de la COP21, elle est organisée par plusieurs associations de jeunes dont les principaux : l’association Vivre le Quartier Latin, l’association des Politistes de la Sorbonne et Union PSL (Université Paris Science Lettre). A l’issue de cette course d’1 km autour du Panthéon, les coureurs auront la possibilité de planter virtuellement un arbre (chêne ou cèdre de l’Atlas). Ces arbres seront par la suite réellement plantés en Île de France à Millemont dans les Yvelines par l’entreprise sociale Reforest’Action.

C’est la mode, de nombreuses entreprises se sont lancées dans le reboisement intensif. Des actions volontairement médiatisées. D’autres reléguées au rang de mécènes d’associations tels que EDF ou encore la banque Crédit Agricole revendiquent haut et fort leurs partenariats. Les grandes marques internationales font également du zèle pour l’environnement, Nespresso qui s’est engagé à replanter 10 millions d’arbres en Amérique du sud d’ici 2020 pour une production de café optimisée.

Un reboisement réellement efficace contre les effets de serre ?

Il existe un écart cependant entre les forêts primaires et celles plantées. Des chercheurs chinois et américains ont publié en mai 2010 le résultat de la comparaison de 86 études sur la capacité de stockage de gaz carbonique des forêts. Il en résulte que les forêts naturelles sont 28% plus absorbantes en matière de CO2 que les forêts issues du reboisement humain. La localisation géographique, l’état du sol et l’âge de la forêt n’ont aucun impact sur cette conclusion. Ainsi, malgré les efforts mis en place pour reboiser la terre, il semblerait que cette méthode soit relativement efficace mais pas miraculeuse. La protection des forêts naturelles reste un enjeu de taille.

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Victoria Putz

Née dans la petite bourgade tranquille de Saint-Cloud, Victoria a vite aspiré aux voyages. Étudiante en journalisme et disciple de la presse écrite, elle roule sa bosse entre web magazines spirituels, culturels et généralistes. Après avoir passé deux mois à l’hebdomadaire TelQuel dans la très animée Casablanca au Maroc, elle entre à Néoplanète pour assouvir sa soif de culture environnementale.