Le photovoltaïque en pratique

Avec des rendements d’en moyenne 10%, le photovoltaïque n’en met pas plein la vue ! L’objectif est donc d’assurer une bonne installation pour optimiser les rendements. Conseils pratiques.

Les points clés d’une bonne installation

On classe généralement les infrastructures photovoltaïques en trois grandes familles: les petites installations sur toiture, les grandes toitures et les centrales au sol. Chez le particulier, la plus classique consiste à couvrir le toit d’une maison avec des panneaux solaires photovoltaïques. On parle alors d’installations « surimposées », par opposition aux installations « intégrées » qui nécessitent de déconstruire la toiture existante.

Le chantier d’une installation « surimposée » en quatre étapes

1/ La mise en place de rails sur la toiture. Ils n’altèrent pas, rassurez-vous, son étanchéité.

2/ La pose des panneaux solaires. Leur orientation est définie selon l’exposition de la toiture au soleil ainsi que l’emplacement des cheminées, antennes ou arbres qui peuvent créer de l’ombre au cours de la journée et baisser la production d’électricité. Comptez trois jours d’installation pour 100 m2 de panneaux, et cinq jours, pour 250 m2.

3/ L’installation purement électrique. Elle commence quand les panneaux ont été ancrés sur la toiture. Des câbles servant au transport de l’électricité relient les panneaux solaires à un onduleur fixé sur l’un des murs du bâtiment.

4 / Le raccordement EDF. Les câbles électriques sont ensuite enterrés sous terre, afin de les raccorder aux onduleurs EDF qui se trouvent sur la voie publique.

Revendre l’électricité produite

En France, autant ne pas vous faire d’illusions. En tant que particulier, vous ne jouirez pas de l’électricité produite par les panneaux photovoltaïques de votre toiture, car celle-ci est uniquement destinée à la revente à EDF. Vous conservez donc votre contrat auprès de votre fournisseur classique. Mais, en votre qualité de producteur d’électricité, EDF conclut avec vous, en application de l’article L314 du code de l’énergie, un contrat dit « d’obligation d’achat », dont la durée et les tarifs sont fixés par les pouvoirs publics. Pour le photovoltaïque, EDF vous reversera chaque mois un loyer. Depuis un arrêté du 4 mars 2011, le tarif de rachat est passé de 58 centimes le kWh à un tarif compris entre 12 et 46 centimes par kWh produit, dans la limite de 12 MWh. Ce tarif de rachat varie en fonction de la nature et de la puissance de votre installation et de l’usage du bâtiment concerné. Il est déterminé sur vingt ans, lors de la signature du contrat.

Investir dans les énergies renouvelables

Sans se lancer dans l’installation d’une centrale photovoltaïque sur son toit, on peut tout de même soutenir la filière. Deux solutions.

1/ Investir. Plusieurs Sociétés en participation (SEP) vous proposent de placer votre argent dans l’énergie photovoltaïque, telles que Solabios, Sunasol, IEC Beyer Consultants ou, plus récemment, P.voltéus. Celles-ci prennent en location plusieurs modules photovoltaïques qu’elles ont construits et produisent de l’électricité qu’elles revendent à EDF. En tant qu’investisseur, vous êtes propriétaire d’un contrat de rachat d’électricité, signé généralement pour une durée de vingt ans. En revanche, le matériel photovoltaïque (panneaux) ne vous appartient pas. Ce type d’investissement est décorrélé des cycles financiers classiques et offre une rémunération annuelle prévisionnelle de 8 à 12 %. En clair, si vous placez 10 000 €, cela peut vous rapporter de 800 € à 1 200 € par an, soit un revenu net compris entre 6 000 € et 14 000 € au bout de vingt ans (revenu annuel x 20 ans–investissement de départ).

2/ Choisir un fournisseur d’électricité verte pour votre approvisionnement quotidien, une nouvelle possibilité depuis l’ouverture à la concurrence de la production et la commercialisation de l’électricité et du gaz domestiques en juillet 2007. Comme EDF et GDF Suez restent responsables du transport et de la distribution, vous gardez les mêmes installations et le même compteur électrique. Les fournisseurs d’électricité verte s’engagent à acheter de l’électricité issue à 100 % (ou à 21 % dans certains contrats) de sources d’énergies renouvelables, comme l’hydraulique, l’éolien ou le solaire. Le site Internet Fournisseurs-electricite.com a comparé les différents fournisseurs d’électricité verte en termes de tarifs. Le classement est le suivant : 1/ Poweo, 2/ Direct Énergie, 3/ Gaz de France, 4/ Planète Oui, 5/ Gaz Électricité de Grenoble, 6/ Alterna et 7/ Coopérative Enercoop.

Combien coûte une centrale photovoltaïque aux particuliers ?

Coûts d’installation : Générateur photovoltaïque intégré au bâti (matériel et pose: 5000 € à 6500 € TTC/kiloWatt crête (kWc). Travaux de raccordement au réseau: 800 € à 1500 €.

Coûts de fonctionnement : remplacement de l’onduleur tous les huit ou dix ans: 1000 € à 2000 €. Tarif d’Utilisation des Réseaux Publics (TURP) chaque année : 60 €.

Impôts et taxes : pour les installations supérieures à 3 kWh, la vente de l’électricité produite est imposable au titre de l’impôt sur le revenu (déclaration du montant total vendu).

Aides financières : aide pour les installations inférieures ou égales à 3 kWh : crédit d’impôt « DD » au taux de 22 % en 2011. Aide pour les logements de plus de deux ans et si la puissance de l’installation est inférieure ou égale à 3 kWh : TVA à 5,5 %.

Exemple concret

Une famille habitant en Auvergne a fait installer 21 m2 de panneaux (3 kW crête) sur son toit. L’installation lui a coûté 15 000 € TTC, plus 800 € pour le raccordement au réseau. Le ménage a bénéficié du crédit d’impôt de 22 % sur 85 % du coût du système photovoltaïque (les autres 15 % représentent le coût de la main d’œuvre). Il a ainsi obtenu un remboursement de 2 805 €, un an après son investissement. Avec une production de 3000 kW/an et un tarif d’achat de 58 c€/kWh produit (taux en vigueur avant l’arrêté du 4 mars 2011), le foyer gagne 1 740 € par an, moins 225 € de coût de maintenance. L’investissement est donc rentabilisé au bout de neuf ans. Cependant, avec les taux de rachat définis par l’arrêté du 4 mars 2011, de 12c€ à 46 c€/kWh, ce ménage ne gagnerait plus qu’entre 360 € et 1 380 € par an, moins les coûts de maintenance.

Source: Devenez producteur d’énergie, l’électricité solaire photovoltaïque. Guide Ademe.

Article extrait de Néoplanète 27. Lisez également l’autre partie du dossier ici.

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