Le maïs transgénique en France, c’est fini !

Plus de2490851516_5c3ed77a56_b maïs OGM dans les campagnes françaises : après l’Assemblée nationale, le Sénat a interdit définitivement la culture du maïs transgénique MON810 de Monsanto, et de tous les autres maïs génétiquement modifiés.

Les exploitants qui auront fait des mises en culture de MON810 devront « détruire les parcelles concernées dans les plus brefs délais », selon les ministères de l’Agriculture et de l’Ecologie.

Parallèlement, le Conseil d’Etat a rejeté la requête des producteurs de maïs qui attaquaient l’arrêté gouvernemental de mars dernier interdisant la culture de ce même MON810. Le juge a estimé qu’il n’y avait pas de situation d’urgence ni de préjudice grave pour les requérants.

Le MON810 est le seul maïs transgénique cultivé dans l’Union européenne. Le renouvellement de son autorisation est à l’étude à Bruxelles, tout comme la révision du processus d’évaluation des OGM, contesté par plusieurs pays dont la France.

La France tente d’imposer un moratoire sur les cultures OGM depuis 2008, d’abord en déclenchant (en vain) la clause de sauvegarde puis en prenant des arrêtés d’interdiction à trois reprises (2011, 2013 et 2014), jusqu’à ce vote décisif du Parlement, le 5 mai. Dès le lendemain de ce vote, 81 sénateurs UMP ont saisi le Conseil constitutionnel pour non-respect de « la primauté du droit communautaire » sur le droit français.

amis_de_la_terreSelon un rapport de la Fédération internationale des Amis de la Terre, le nombre de pays qui cultivent des OGM a diminué dans le monde pour la première fois en 2013, ceux-ci étant « de moins en moins bien acceptés ».
Plusieurs pays ont récemment suspendu ou interdit cette production, dont la Pologne, l’Egypte et le Kenya. Par ailleurs, la production du MON810 a baissé au Portugal, en République tchèque et en Slovaquie. En Europe, près de 90 % de la production se concentre sur un seul pays, l’Espagne, précise l’ONG. Au niveau mondial, les OGM sont surtout cultivés aux Etats-Unis, au Brésil, en Argentine et en Inde. En Afrique, ils ne sont cultivés que dans trois pays, l’Afrique du Sud, le Burkina-Faso et le Soudan. D’après les Amis de la Terre, « le continent africain est soumis à des pressions énormes de la part des compagnies de biotechnologies ».

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Yves Leers

Journaliste spécialisé dans les questions d’environnement (AFP), conseil en développement durable (L’Atelier du climat), ex responsable de la communication et de l’information de l’ADEME.