Le luxe est à la page

Le développement durable n’est plus une option, mais une obligation dans tous les secteurs d’activité. Le luxe n’y échappe pas. Leurre ou réalité ? Plusieurs études et ouvrages se sont penchés, cette année, sur la question.

Diplômée de HEC, Aurélie Gillon a rédigé un mémoire sur le luxe et le développement durable (1). Elle envisage aussi de lancer une marque de cosmétiques bio et naturelle haut de gamme. Interview.

« Le luxe et le développement durable ont plus de valeurs en commun qu’on ne le croit, telles que le respect des personnes et des matières ou la place qu’ils accordent au temps et à la qualité. En allant au-delà des a priori, j’ai voulu réfléchir à la notion de luxe durable. Plusieurs jeunes marques ont réussi à intégrer le développement durable dans leur ADN dès leurs débuts, comme Stella McCartney et le joaillier éthique JEM. C’est plus compliqué pour les maisons anciennes qui doivent repenser leur modèle en intégrant, par exemple, des impératifs d’éco-conception, tout en gardant le même niveau d’exigence. Elles sont plus facilement accusées de green washing. Mon objectif était aussi de montrer comment le luxe et le développement durable peuvent interagir. D’une part, le développement durable stimule la créativité et l’innovation à tous les niveaux pour le secteur du luxe. D’autre part, une stratégie de luxe peut être avantageusement suivie par le secteur du développement durable, notamment pour faire rêver et susciter le désir des consommateurs. »

(1) Luxe et développement durable – Apports croisés, 26 juillet 2011, Alternative Management Observatory (AMO).

Mariage heureux ?
Comment faire évoluer le secteur du luxe vers une priseen compte systématique du développement durable ?C’est tout l’enjeu du dernier livre de Cécile Lochardet d’Alexandre Murat. Par Pauline Chapelière
Luxe et développement durable : la nouvelle alliance commence par un état des lieux des avancées éco-responsables de l’industrie du luxe. Les bonnes pratiques émergent, mais sont encore rares.Une situation passée au crible, avec des interviews d’experts ,comme Sylvie Benard, directrice de l’environnement de LVMH, et des cas pratiques, tel l’atelier Petit h d’Hermès qui utilise des chutes de tissus et de cuir pour créer des pièces uniques. Cécile Locard, consultante et déléguée générale du fonds Humus pour la biodiversité, et Alexandre Murat, fondateur de la joaillerie en ligne Adamence, parlent aussi des recommandations stratégiques et des réflexions prospectives. Pour approfondir la question, lisez Luxe oblige, de Jean-Noël Kapferer,aux éditions Eyrolles.
Luxe et développement durable : la nouvelle alliance, de CécileLochard et d’Alexandre Murat, aux éditions Eyrolles, 28 .

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