Le loup, quel bouc émissaire !

loups crédit photo PhovoirIl y a 1500 loups en Espagne, 2500 en Italie et … 301 en France. Ce qui n’a pas empêché pas la ministre de l’Ecologie de signer un arrêté inédit permettant d’abattre 36 loups dans 20 départements contre 4 auparavant.

Un arrêté qui ne réglera en rien le problème de la protection des troupeaux, seule solution durable à la cohabitation de l’élevage avec le loup. Tout ça pour faire plaisir aux éleveurs qui savent très bien que cela ne résoudra pas les problèmes de la filière ovine française.

Pourtant, Ségolène Royal a reconnu elle-même que « pour la première fois les dommages n’ont pas augmenté entre 2012 et 2013 » tandis que la préfecture des Hautes-Alpes autorisait une chasse au loup dans le Parc national des Écrins, un espace naturel intégralement protégé. Une « battue d’effarouchement » spectaculaire a eu lieu le 11 juillet en plein cœur du Parc national des Ecrins, d’ailleurs sans aucun résultat.

Dans un premier temps, le projet d’arrêté ne visait que 4 départements et avait été rejeté par le Conseil national de protection de la nature (CNPN), dont la consultation est obligatoire.

« Tuer un loup, et même cinq ou six dans un département, n’a jamais protégé les troupeaux. Le ou les loups qui viendront après, feront les mêmes dégâts, aux mêmes troupeaux tant que ceux-ci ne seront pas mieux protégés, selon Pierre Athanaze, président de l’ASPAS (Association pour la protection des animaux sauvages). C’est ce qu’ont compris les éleveurs italiens, espagnols qui cohabitent avec 1.500 loups en Italie, et 2.500 en Espagne. La protection des troupeaux est la seule solution pérenne. Ces deux pays qui ressemblent beaucoup à la France, ont beaucoup plus de loups, ne les exterminent pas comme on le fait en France, et ne connaissent pas non plus la crise ovine que la France traverse depuis des décennies », conclut-il.

Exterminé dans les années 30 y compris par empoisonnement à la strychnine, le loup est revenu naturellement dans le massif du Mercantour fin 1992 depuis les Alpes italiennes. Il est présent aujourd’hui dans une vingtaine de départements français.

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Yves Leers

Journaliste spécialisé dans les questions d’environnement (AFP), conseil en développement durable (L’Atelier du climat), ex responsable de la communication et de l’information de l’ADEME.