SÉRIE DÉGEU N°3 :

Le lait maternel à toutes les sauces

Il fait beau et chaud. Quoi de mieux pour se rafraîchir qu’une bonne glace ? Au lait maternel bien sûr! Non, non, pas celui de la vache, pour ceux qui y croyaient encore, celui d’une maman humaine.

La tendance fait fureur à Londres, où les glaciers les plus fous se sont amusés à créer ce dessert particulier. En 2011, Icecreamist se lance dans l’aventure avec « Baby gaga ». Malgré son succès retentissant, la glace voit sa production interdite (ré autorisée quelques semaines après) par les autorités pour raisons sanitaires. Elle est ensuite fustigée par la chanteuse Lady Gaga, pas très emballée à l’idée de voir une partie de son nom de scène réutilisé dans l’art de la crémerie. Plusieurs médias ont fait goûter la fameuse glace, aromatisée à la vanille de Madagascar, aux passants. Verdict ? Si on ne leur avait pas dit la provenance, ils l’auraient mangé comme une glace classique. Plus récemment, en mai, c’est au tour des Licktators de défrayer la chronique avec « Royal baby gaga », en l’honneur de la petite princesse Charlotte, à 19,99£ (28€) le pot de 500ml. Le lait provient de généreuses mères donatrices. Il est ensuite sélectionné, testé et pasteurisé. A l’origine de ces folies givrées ? Victoria Hiley, une militante pro allaitement qui entend bien désacraliser le geste, encore trop stigmatisé dans les lieux public.

Mais cette histoire n’est pas assez dégueu pour nous. Aussi, nous avons cherché un peu plus loin dans cette lubie du lait maternel.

Les dangers de la vente en ligne

Lait maternel humain ©Mark cato
Lait maternel humain ©Mark cato

Le fromage de maman à New York? Excentrique mais sans plus, puisque comme la glace, le produit est vendu de façon ponctuelle. Le bar à lait maternel à Tokyo ? On commence à toucher le glauque du doigt. Avec une clientèle majoritairement masculine de 30 à 40 ans, le Bonyu Bar propose des shots « simples » pour 2000 yens (14€) ou une tétée pendant laquelle l’une des trois « serveuses » caresse la tête de l’heureux client pour 5000 yens (36€).

Maintenant que vous êtes prêts, on vous emmène dans l’univers merveilleux de la vente en ligne de lait maternel. Un endroit, où contrairement aux banques de lait officielles qui viennent strictement en aide aux bébés prématurés, l’éventail des possibilités est bien plus large, à l’image du site Only The Breast. A l’origine, cette plateforme conçue par Glenn et Chelly Snow en 2009, était destinée à mettre en relation des mères avec trop ou pas assez de lait, le tout pour des prix raisonnables ou en donation.

Si l’offre parait généreuse sur le papier, la réalité est bien plus sordide. De plus en plus d’hommes demandent du lait, le plus souvent à la tétée, pour ses soi-disant vertus anti-cancérigènes, musculaires et apaisantes durant une chimiothérapie. Sauf que la réalité est tout autre. Une étude parue ce mois-ci montre que le lait maternel contient moins de protéines que le lait de vaches, quant aux effets médicinales, du pur effet placebo (psychologique) selon les chercheurs de plusieurs instituts cliniques. Et ce n’est pas tout, le lait vendu en ligne comporte non seulement de nombreuses bactéries, puisque non pasteurisé et mal conservé, mais en plus, de gros risques de transmissions de maladies comme le VIH, les hépatites B et C ou encore la Syphilis.

Seriez-vous tenté par la glace, le fromage ou le shot ?

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Victoria Putz

Née dans la petite bourgade tranquille de Saint-Cloud, Victoria a vite aspiré aux voyages. Étudiante en journalisme et disciple de la presse écrite, elle roule sa bosse entre web magazines spirituels, culturels et généralistes. Après avoir passé deux mois à l’hebdomadaire TelQuel dans la très animée Casablanca au Maroc, elle entre à Néoplanète pour assouvir sa soif de culture environnementale.