D’où vient notre eau ?

Un Français en consomme environ 150 l par jour. Ce précieux liquide nous sert tout autant à faire la vaisselle, à nous laver ou à alimenter les cellules de notre corps composé à 60 % d’eau. Mais savez-vous comment il arrive dans les bouteilles vendues en magasin ou à votre robinet? Embarquement immédiat pour un voyage aquatique.


Le cycle de l’eau

Le Soleil joue un grand rôle dans le cycle de l’eau. Il favorise l’évaporation et entretient ainsi tous les autres échanges, tels que la condensation, les précipitations, l’infiltration et le ruissellement. L’eau que vous utilisez a été pluie ou neige, c’est-à-dire eau de pluie ou eau de surface dans le jargon scientifique. Puis elle s’est infiltrée dans les nappes phréatiques, ces grands réservoirs d’eau naturels à faible profondeur.

La mise en bouteille

C’est dans ces nappes phréatiques qu’elle est pompée via les forages des usines à eau. Elle remonte à la surface dans des conduits dont la propreté a été étroitement contrôlée au préalable. Elle est ensuite conditionnée en bouteille, immédiatement refermée pour limiter le contact avec l’air ambiant. À la sortie des salles d’embouteillage, les bouteilles d’eau se parent de deux étiquettes: l’une porte le logo de la marque sous laquelle elle sera commercialisée, l’autre indique sa composition minérale. Groupées en packs, elles sont ensuite posées sur des palettes et recouvertes d’une housse opaque, afin d’être protégées pendant leur transport en train ou en camion jusqu’aux divers points de vente.

Au robinet : l’exemple de l’eau de Paris

Eau de Paris est le seul opérateur de la capitale depuis janvier 2010. Il fournit chaque jour 550 000 m3 d’eau potable à 3 millions de personnes. Celle-ci est produite à partir de cent deux captages d’eau souterraine et d’eau de rivière. La première est captée dans les sources des régions de Sens, Provins, Fontainebleau, Verneuil-sur-Avre et Dreux. La seconde provient de la Seine et de la Marne, à partir de pompages situés au sud-est de Paris. L’acheminement se fait par des aqueducs, les fameuses canalisations inventées par les Romains.

Pour qu’elle devienne potable, l’eau souterraine est traitée contre les pesticides, les bactéries, les parasites et la turbidité (teneur en matières troubles). Les ultraviolets permettent, eux, d’éliminer les traces de virus et de bactéries dans l’eau de rivière. Et pour prévenir tout risque de contamination accidentelle, les usines de traitement y ajoutent également du chlore. L’eau est ensuite transportée jusqu’aux cinq grands réservoirs installés aux portes de Paris, avant d’entrer directement dans le réseau public de distribution, jusqu’au pied des immeubles. Même la pression au robinet est surveillée par Eau de Paris grâce à son centre de commande et de contrôle.

Eau de Paris veut du vert

Vu la nette dégradation des ressources en eau, Eau de Paris incite, depuis 1988, les agriculteurs implantés en amont des captages à se convertir à l’agriculture biologique ou à réduire leur consommation de produits phytosanitaires. Mais « faire changer les pratiques, c’est compliqué », avoue Manon Zakeossian, responsable du service Protection de la Ressource à Eau de Paris. Des animateurs accompagnent donc les producteurs dans leurs démarches et leur proposent un appui technique, des simulations de conversion au bio ou une mise en place de filières courtes d’approvisionnement. Ainsi, dans la vallée de la Vanne (sources au sud-est de Paris), la surface en agriculture biologique a été multipliée par trois depuis 2008 et atteint, aujourd’hui, 735 hectares. « S’il faut aller au-delà pour avoir un impact notable sur les captages, reconnaît Manon Zakeossian, le taux de nitrates de l’eau distribuée par Eau de Paris reste inférieur à 50 mg/l, valeur limite pour qu’elle soit potable. »

Cet article est extrait de Néoplanète 27.

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