Le gaspillage alimentaire, à la poubelle!

Après des débats de plusieurs mois, le Sénat a enfin autorisé les supermarchés à distribuer leurs invendus alimentaires. Mais pour que cette mesure, destinée à éviter le gaspillage, puisse entrer en vigueur, elle devra être votée par les députés. Il faudra donc prendre notre mal en patience… Heureusement certaines villes et même des entreprises n’ont pas attendu les issues politiques pour se lancer sur le créneau anti-gaspillage !

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Le gâchis c’est aujourd’hui :

1.2 à 6 millions de tonnes de nourriture en France chaque année, dont 2 à à 100 kilos d’aliments comestibles perdus par personne.

– cela représente 400 euros par foyer.

– 38 kilos de nourriture sont jetés chaque seconde à la poubelle.

Que faire ? Commercialisation de légumes jugés invendables, « doggy bags » dans les restaurants, ou dons d’invendus aux associations, tous les moyens sont bons pour mettre un terme à ce gouffre alimentaire et économique, qui est aussi un problème environnemental !

Des exemples :

la commune de Martigues organise dans les cantines des animations et des conférences pour sensibiliser ses agents, mais surtout les enfants des écoles et le grand public. Les écoliers vont ainsi peser leurs déchets et participer à un partenariat avec une ferme pédagogique pour la récupération des biodéchets. Heureusement, de nombreuses mairies partout en France commencent à initier ce type de projet.

L’avenir est dans le zéro-gaspillage ! 

Un rayon Zéro-Gâchis dans une grande surface / DR
Un rayon Zéro-Gâchis dans une grande surface

la jeune start-up belge, Foodwe, a créé une plateforme en ligne pour que des producteurs et distributeurs vendent leurs produits jugés invendables, laids, ou approchant de la date limite. Les produits sont toujours propres à la consommation et les associations intéressées répondent à l’annonce, pour ensuite récupérer les dons sur place.

le site Zéro-Gâchis, créé en 2012 par deux Bretons, référence tous les jours des articles approchant de leur DLC dans des supermarchés partenaires. Ces produits sont proposés en magasin à des prix cassés pouvant aller jusqu’à -70%!

la PME française TakeAway propose des boîtes cartonnées pour emporter les restes de son assiette au restaurant. Et pourquoi pas? Elle vient de signer un accord avec l’Union des métiers et des industries de l’hôtellerie et ses quelques 40.000 restaurants et 10.000 hôtels affiliés pour déployer son concept de «doggy bag», très répandu aux États-Unis. Preuve que les mentalités changent.

le service JustoClic, lancé fin 2014, met en relation les magasins qui proposent leurs surplus, à prix défiants toute concurrence, et les clients intéressés par ces bons plans. Et ils sont nombreux !

Tout le monde s’y met !

DR
DR

des étudiants de l’école de gastronomie Ferrandi viennent d’ouvrir un «food truck» qui propose des petits plats confectionnés à partir d’aliments considérés comme invendables dans la grande distribution. Son petit nom ? « Auparager« , un terme qui signifie « anoblir » en vieux français. Lourd de sens !

Après Intermarché et sa campagne pour réhabiliter les légumes moches, le collectif des Gueules Cassées vient de créer sa marque de produits à l’aspect défectueux. Avec un peu d’huile de coude, il a même a réussi à l’imposer dans les rayons des supermarchés.

Peu connue en France, l’application gratuite pour mobiles «LeftoverSwap», lancée en août 2013 permet à ses utilisateurs de donner leurs restes, par exemple de pizza, voire de les échanger contre les restes de parfaits inconnus… Dans notre cas cette initiative doit faire face, et c’est bien normal, au barrage du contrôle sanitaire.

N’oublions pas qu’enfin, le gaspillage rapporte beaucoup aux secteurs de l’agro-alimentaire et de la grande distribution car plus nous jetons et plus nous consommons, et ainsi de suite. C’est un cercle vicieux ! Le gâchis alimentaire est un vrai problème de société qui nous concerne tous. Chiche ! On change nos habitudes ?

Dernière info : Le 16e Festival Nourrir sa Santé de Brides-les-Bains aura lieu les 4, 5, 6 et 7 juin. Mieux, il propose de conjuguer équilibre nutritionnel des repas en limitant ses déchets. Tour à tour, des chefs et des diététiciennes de Brides-les-Bains se relayeront à des ateliers des chefs, concours de cuisine amateurs « vite fait bien fait et sans déchets ». Vous verrez aussi l’école des petites toques, ainsi que des tables-rondes qui se succèdent pendant trois jours intenses et qui mettent en pratique une cuisine bien-être au quotidien.

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Bonne nouvelle ! Le 21 mai 2015, l’Assemblée Nationale a voté à l’unanimité les amendements à la loi sur la transition énergétique qui rendent désormais obligatoires le don par les supermarchés de leurs invendus alimentaires à des associations caritatives. Une réponse à une pétition lancée sur le site Change.org. Elle avait engrangée une forte mobilisation, avec plus de 210.000 signatures en 4 mois ! La preuve qu’ensemble on peut influencer la politique !

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Paul Brinio

Né dans le sac à dos de ses parents, cet aspirant journaliste tombe rapidement amoureux de la radio. Après avoir traîné sa barbe et ses cheveux à RFI Bruxelles et dans des rédactions locales, il termine sa formation de journaliste, rejoint l'équipe de Néoplanète en 2015 et continu ses études de géopolitique dans un souci de conquête mondiale.