Le design durable, pour alléger notre empreinte écologique

Cocapark-©-Marion-Steinmetz-3-copie-1024x640Alléger notre empreinte écologique commence au berceau, celui de la conception des objets et produits que nous consommons. Un chemin qui passe par le design durable, décrit en 2003 par un pionnier, le designer Thierry Kazazian, dans son ouvrage  « Il y aura l’âge des choses légères ». Plus que jamais d’actualité.

Pour être vraiment durable et concevoir des objets durables qui le seront aussi, le design doit être fondé sur une démarche d’écoconception, intégrée à tous les stades, jusqu’au stade de la fabrication et de la vente, en utilisant au mieux les matériaux issus du recyclage et en minimisant les déchets produits, raréfaction des ressources oblige. Un concept rebaptisé « économie circulaire », qui consiste à se poser la question des impacts environnementaux et climatiques sur l’ensemble du cycle de vie.

Le premier Forum du design durable, organisé le 23 juin à Paris par Coca-Cola France avec Néoplanète avant de décerner le prix à un barbecue solaire, a montré que cette pratique ne relevait plus de l’utopie mais d’une réalité de plus en plus évidente pour les étudiants en design comme pour les industriels :

o   le barbecue solaire Chrysalis primé est un objet qui donne envie comme la table évolutive (Twistable) distinguée par les internautes ou le VTT-aigle et la plupart des 89 objets présentés au concours.

o   le « vélopark », primé en 2012, va être fabriqué en Touraine par la société Concept urbain ;

o   SEB a lancé une gamme Natura en aluminium 100% recyclé et se lance dans la location d’appareils ménagers, dans l’esprit de la conso collaborative ;

o   Coca-Cola est allé chercher Emeco (la fameuse Navy Chair 111) aux Etats-Unis pour créer une chaise à partir de 111 bouteilles plastique de Coca. Une démarche d’upcycling dont le développement a pris quatre ans. A ce jour, 19 millions de bouteilles ont ainsi été recyclées.

o   Le mieux serait d’utiliser de moins en moins de bouteilles (pourquoi ne pas revenir à la consigne ?) mais on en est loin et surtout le taux de recyclage des plastiques en France est ridiculement bas: moins de 20%, incinération comprise.

o   Que faire ? Pour Virginie Schwarz, DG de l’ADEME (Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie), « les déchets d’une entreprise peuvent être la ressource d’une autre ».

o   Comment ? « Il faut dessiner avec une gomme »… telle est la devise du designer Antoine Fenoglio, président du jury. Et il ajoute que ce serait bien de « réduire la distance entre le jambon et le cochon ».

o   Pour les entreprises, la démarche est payante : 98 % d’entre elles considèrent que l’écoconception a eu un bilan positif, au pire neutre, selon un sondage ADEME en France et au Canada.

o   Et les consommateurs, qu’en pensent-ils aujourd’hui ? Ont-ils gardé en tête la vision d’un papier recyclé pas vraiment blanc et d’objets un peu ringards ? De plus en plus (éco) conscients des enjeux, ils sont 52% à vouloir consommer moins ou mieux, et 75 % à avoir acheté un objet d’occasion en 2012, selon l’ADEME.

o   Egalement membre du jury, Yolaine de la Bigne, la fondatrice et directrice Néoplanète, se réjouit de l’évolution des mentalités et du développement de la consommation collaborative : « Nous voyons apparaître un consommateur actif, écoresponsable et qui se pose les bonnes questions. »

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Yves Leers

Journaliste spécialisé dans les questions d’environnement (AFP), conseil en développement durable (L’Atelier du climat), ex responsable de la communication et de l’information de l’ADEME.