Le désastre des déchets électroniques

DéchargeVous n’avez rien de prévu le mardi 20 mai au soir ? Tant mieux ! Arte diffuse ce jour-là, à 20h50, le nouveau documentaire de Cosima Dannoritzer (qui a déjà réalisé Prêt à jeter en 2011), « La tragédie électronique ». Y seront dévoilés les rouages du trafic responsable de ce que les trois quarts des déchets électroniques européens échappent au recyclage et finissent, en toute illégalité, entassés dans des décharges en Afrique, en Asie ou en Amérique du Sud.

CosimaÀ travers une enquête dense, menée tambour battant, Cosima Dannoritzer démonte l’écheveau complexe de complicités et de négligences qui font sortir les trois quarts des 50 millions de tonnes de déchets électroniques produits chaque année des circuits officiels. En 2012, l’Europe a décidé de renforcer les contrôles pour endiguer ce flot. Mais en quelques reportages édifiants, on voit qu’elle n’est pas au bout de ses peines. Il faut une demi-journée à un officier des douanes de Hambourg, consciencieux de surcroît, pour contrôler le contenu d’un conteneur, sachant qu’il en voit passer dix mille chaque jour…

La réalisatrice traque aussi, en milieu hostile, parfois à l’aide d’une caméra cachée, la revente et le stockage des déchets électroniques en Europe et en Asie. Des infographies, des exemples concrets, étayés par de nombreux témoignages – militants, représentants des forces de l’ordre (gendarmerie, Interpol, douanes), acteurs de la filière du recyclage – permettent de découvrir les multiples failles du système.

 

Quelques chiffres

–          Les pays industrialisés produisent entre 20 et 50 millions de tonnes de déchets électriques et électroniques chaque année.

–          En 2013, à l’échelle de la planète, environ 50 millions de téléviseurs à écran plat, 300 millions d’ordinateurs, et 2 milliards de téléphones portables et smartphones ont été vendus.

–          Les principales destinations des exportations illégales de déchets électriques et électroniques sont : l’Afrique, la Chine, l’Europe de l’Est, l’Inde et les Philippines. L’Amérique du Sud devient une destination de choix.

–          Depuis 2010, le nombre de conteneurs de ces déchets arrivant au port de Tema, le principal port du Ghana, est passé de300 par mois à 450 à 600 aujourd’hui.

–          L’Organisation mondiale des douanes estime que 10% du trafic par conteneurs dans le monde concerne des biens dangereux ou illégaux, incluant les déchets électriques et électroniques.

–          L’Union Européenne estime que les deux tiers des déchets électriques et électroniques européens n’arrivent pas jusqu’aux usines de recyclage agréées.

–          Entre 20 et 50 conteneurs de ces déchets quittent chaque jour les états-Unis.

–          Jusqu’à 100 conteneurs de déchets électriques et électroniques quittent l’Allemagne pour le Ghana chaque semaine.

–          La Grande-Bretagne produit environ 1,4 millions de tonnes de déchets électriques et électroniques par an. On estime que 10% sont exportés, soit à peu près 100 000 tonnes.

–          63 000 conteneurs arrivent au port de Hong Kong chaque jour. Jusqu’à 100 d’entre eux contiendraient des déchets électriques et électroniques.

–          Les déchets électriques et électroniques contiennent, parmi d’autres choses, de l’argent, de l’or, du cuivre, du plomb et une large palette de terres rares (et chères).

–          A partir de 50 000 téléphones portables, 1kg d’or et 10kg d’argent peuvent être extraits, d’une valeur avoisinant les 40 000 euros. Mais seulement 1% des téléphones mobiles sont actuellement recyclés en Europe.

–          L’Europe dépense actuellement 130 milliards d’euros par an pour importer des métaux dits stratégiques, alors qu’une partie de cette demande pourrait être couverte par le recyclage des déchets électriques et électroniques.

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A l'issue de sa prépa bio au Lycée Chaptal, à Paris, Arnaud intègre l’Ecole Nationale Supérieure Agronomique de Toulouse (ENSAT). Avant de rejoindre Néoplanète, il a fait ses premières armes de journaliste à Ça m’intéresse et Science&Vie Junior.