Le commerce équitable démontre son impact

Max Havelaar France, le F3E1, l’agence française de développement (AFD) et la Plateforme pour le commerce équitable ont dévoilé une série d’études analysant l’impact structurel du commerce équitable labellisé sur le terrain. Leur but : comprendre les effets positifs attribuables au commerce équitable labellisé, et améliorer sa façon de travailler.

Les organisations du commerce équitable ont développé des méthodologies pour évaluer les effets structurels sur la durée de leurs démarches sur le terrain, au-delà de la simple application d’un cahier des charges. Elles ont conduit plusieurs études de cas et peuvent maintenant prendre le recul nécessaire pour mieux comprendre en quoi le commerce équitable peut réellement améliorer le quotidien des populations rurales. Lundi 17 novembre, trois de ces études étaient présentées, concernant les coopératives dominicaines Conacado (cacao) et Banelino (bananes) ; ainsi que de la coopérative caféicole péruvienne Cocla.

Cacao pods in Chuao
Creative Commons License photo credit: guelphguy

Un travail neutre et indépendant
Ces études sont amenées à faire autorité : « Leur indépendance et leur neutralité doivent leur permettre de faire autorité dans la communauté des spécialistes, estime Jean-David Naudet, de l’Agence française de développement. L’AFD est prête à servir de référent neutre pour que commerce
équitable soit un des éléments de la boîte à outils d’aide publique au développement.
»
Avec l’aide et l’expertise de structures comme le F3E, pour qui la promotion d’études d’impact externes auprès de ses membres est devenue une priorité, ces études ont cherché à répondre aux questions suivantes : le niveau de vie des familles a-t-il progressé ? Les organisations de producteurs, coopératives ou autres, se sont-elles structurées pour prendre en main leur propre développement ? Ont-elles généré un véritable développement local dans leurs communautés et sur leurs territoires ? Ont-elles contribué à un meilleur respect de l’environnement ?

Viellenave de Navarrenx . Grand bananier au bord de la route (détails)
Creative Commons License photo credit: fredpanassac

Facteurs multiples
Bien sûr, le commerce équitable n’est pas seul sur le terrain. De nombreux facteurs interfèrent pour favoriser ou non l’essor économique local. « Cela dit, on peut dire que le commerce équitable contribue au développement, explique Lise Duval, du cabinet Oréade-Brèche. La question est de savoir à quelle hauteur. » Le commerce équitable sert généralement de catalyseur à des dynamiques déjà existantes sur le terrain. Cependant, les effets sont plus ou moins dilués selon que l’organisation vend une petite ou une plus grande partie de sa production via les marchés du commerce équitable. En fonction de ces facteurs, le commerce équitable peut plus ou moins remplir son rôle favorable à l’investissement dans des moyens de production ou des biens sociaux.

Coffee Beans
Creative Commons License photo credit: Jeff Kubina

« Ces résultats plaident pour une meilleure démocratisation du commerce équitable au Nord, affirme Joaquin Muñoz, directeur de l’association Max Havelaar France. Une consommation régulière au Nord
permettra de maximiser le développement local pour les producteurs défavorisés au Sud.
»
Les études révèlent que le prix minimum joue un rôle différent selon les périodes. En période de cours
bas, il permet d’élever le prix payé au producteur pour qu’il puisse en vivre. Le reste du temps, il joue un rôle de stabilisation des revenus des familles et de limitation des risques à long terme. On relève aussi des effets positifs induits : en favorisant le développement des organisations de producteurs, le 1er Fonds pour la promotion des Etudes préalables, des Etudes transversales et des Evaluations (www.f3e.asso.fr ), association regroupant environ 80 ONG (parmi lesquelles Max Havelaar France) et collectivités territoriales françaises.
Le commerce équitable leur permet de s’orienter vers des marchés sur des qualités de produits supérieures, avec un meilleur prix. Pour des organisations situées dans des zones marginales, c’est souvent la seule possibilité de promouvoir leurs produits.

Amélioration continue du commerce équitable labellisé
Pas question que ces études dorment dans un tiroir : elles ont été conduites dans un but d’amélioration continue du fonctionnement du commerce équitable labellisé. Selon Joaquin Muñoz, Max Havelaar France les conduit dans quatre buts : « être performants à grande échelle sans compromettre nos principes; renforcer le système et résoudre les contradictions lorsqu’elles sont identifiées ; élargir le nombre de producteurs concernés ; approfondir pour accroître notre impact, pour plus d’autonomie des familles agricoles du Sud ».

Plus d’info : maxhavelaarfrance.org

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