Le bois français bradé aux Chinois ?

credit : wikipediaL’Office national des forêts (ONF) et l’organisation Robin des Bois se battent par communiqués de presse interposés, cette dernière accusant l’ONF de brader le bois français à la Chine afin qu’il revienne sur notre territoire sous forme de meubles et cinq fois plus cher.

Dans un communiqué de presse adressé ce matin à Néoplanète, les Robins de Bois accusent l’ONF d’être devenu « l’Office chinois des forêts », car il laisserait la Chine « pêche du bois en Europe comme ses navires pêchent les poissons sur l’océan mondial ». L’association dénonce aussi le cynisme financier de cette pratique : « Le chêne français se vend environ 100 € par mètre cube aux démarcheurs chinois. Transformé en planches, en parquets, ou en couvercles de  WC, il revient là où il a mis un siècle au moins à pousser à 500 € par mètre cube et 2000 € sous forme de meubles ». Les Robins des Bois y voit un désastre économique (« Les scieries et leurs emplois tombent les unes après les autres comme les feuilles mortes en automne ») et écologique (« Les coupes à blanc se multiplient en France et les arbres remarquables s’effacent peu à peu du paysage sous la pression conjointe du marché chinois et des granulés de bois »). L’organisation termine son brûlot en urgeant le gouvernement français « d’imiter les pays africains qui interdisent l’exportation des bois bruts sans transformation et de ralentir par tous les moyens réglementaires et fiscaux possibles le massacre à la tronçonneuse ».

credit : wikipedia Contacté ce matin par Néoplanète, l’ONF, un des piliers de la gestion durable des forêts publiques, dément fermement ces accusations : « Nous n’exportons pas un mètre cube de bois en Chine », affirme Pascal Viné, directeur général de l’ONF. « Ces affirmations sont archi-fausses et témoignent d’une méconnaissance totale des mécanismes de vente des bois de l’Office. Notre bois est vendu selon deux modes : via des contrats à des transformateurs nationaux ou européens proches qui fabriquent en France ou dans leur pays ou lors de ventes publiques à des opérateurs, » poursuit-il. Ces opérateurs, ou des traders, revendent ensuite ces lots, y compris en Chine. Il arrive donc que ces mêmes bois reviennent transformés en France, par exemple sous forme de parquets de seconde qualité. Mais la plus grande partie est utilisée en Chine, selon l’ONF. « L’ONF est très attaché à la valorisation nationale des produits issus de la forêt publique afin de développer l’activité et les emplois en France », ajoute Pascal Viné.

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Eddy Delcher

Après un séjour de sept ans en Angleterre et en Afrique du Sud au cours duquel il obtient un diplôme en journalisme, Eddy revient en France afin de poursuivre ses études. En 2014, il rejoint l'équipe de Néoplanète et contribue régulièrement au CNRS International Magazine ainsi qu'au journal du CNRS depuis 2012.