Le 8ème continent investit le Futuroscope

Vous avez sans doute entendu parler du 8ème continent, cette vaste soupe de détritus plastiques qui pollue le Pacifique. Et bien, celui-ci est devenu le thème de la nouvelle attraction du Futuroscope, sous le parrainage de Maud Fontenoy. Un jeu ludique pour le parc à thème qui s’engage petit à petit dans le développement des énergies renouvelables.


En 1997, la « poubelle de l’est du Pacifique » (Eastern Garbage Patch) était découverte par le capitaine Charles Moore alors que son embarcation s’est retrouvée piégée dans une soupe de plastiques au beau milieu de l’océan. Contrairement à ce que l’on pourrait penser, il ne s’agit pas d’un continent au sens propre du terme, composé de déchets. Il s’agit plutôt d’un amas de particules qui se dissout avec le soleil et la mer, charrié vers le Nord-Est du Pacifique, entre Hawaï et la Californie, par les courants marins, comme l’évoque le célèbre navigateur Philippe Poupon suite à son expédition Fleur australe. Lire NEOPLANETE N° 22.

Ces déchets, produits par l’activité humaine, proviennent des navires et des continents riverains et sont transportés par le vent, les courants et les fleuves vers la met avant d’être ingérés par les oiseaux de mer, tortues marines, phoques, otaries, baleines et poissons. Ceux-ci confondent les fragments de plastique avec du plancton, les avalent et meurent après l’obstruction de leur système digestif.


En attendant,  n’oublions pas que pour lutter contre cette pollution massive et catastrophique, le premier geste est surtout de ne rien jeter à la mer : le plastique, très résistant, ne peut être complètement dégradé par  aucun micro-organisme !

Le 8ème continent, un jeu interactif pour détruire les déchets du Pacifique

Ainsi, le Futuroscope propose un jeu collectif interactif où le but est de vider les océans de toute pollution plastique. A cheval sur votre scooter des mers, vous aurez pour mission de transformer les débris marins en air pur grâce à votre trash-buster, au milieu d’un océan polaire, sous l’eau et dans les abysses, aidés de deux héros. Malheureusement, le message éducatif ne passe pas forcément lors de cette attraction. Occupé à accumuler les points en détruisant les ordures pour se retrouver parmi les 10 meilleurs « flingueur » d’ordures, le visiteur n’a pas le temps de faire vraiment attention au décor du jeu et de comprendre le contexte. Il fera plus attention aux menaces qui pèsent sur les mers du globe et à la fragilité des écosystèmes marins dans la file d’attente, transformée pour l’occasion en parcours de sensibilisation.

Avant de rejoindre l’entrée de l’attraction, l’explorateur du 8ème continent traverse en première partie le carnet de voyage de Maud Fontenoy : dessins, photos, vidéos… C’est à travers les excursions de la porte-parole de l’Unesco et du Réseau Océan Mondial pour les océans et de ses  témoignages qu’il peut se rendre compte des dégâts causés sur la biodiversité. Une fresque, composée de chiffres-clés et de donnés scientifiques, vient compléter la problématique de la dégradation des déchets provenant des activités terrestres.

En parcourant l’allée extérieure, il découvre ensuite un « jardin du recyclage » dans lequel divers objets trouvent une seconde vie au détour de diverses plantations, tels un ancien échafaudage qui sert de garde-corps ou une citerne transformée en jardinière. Le visiteur peut même adopter les 10 gestes de la charte  de la Fondation Maud Fontenoy pour sauver les océans à travers 10 panneaux plantés dans ce jardin. Et pour ceux qui le souhaitent, ils peuvent signer cette charte sur un document prévu à cet effet et la poster dans de vieilles boites aux lettres rouillées spécialement prévues.

Le Futuroscope, qui dévoile une nouvelle attraction importante tous les deux ans, souhaite continuer sur cette voie de la sensibilisation à l’environnement en dévoilant en 2013 une nouvelle animation basée sur ce thème. En attendant de la découvrir, si vous ne savez pas où aller en famille cet été, amusez-vous tout en apprenant des choses. En plus du 8ème continent, le Futuroscope propose les Voyageurs du Ciel et de la mer, une ode produite par Jacques Perrin pour sauver la planète. A découvrir aussi, Louisiane, projeté sur écran géant qui dévoile les richesses écologique du Bayou et des dangers qui planent dessus, et Ma Maison pour Agir, conçue par Michel Chevaleret, qui propose aux visiteurs de découvrir des solutions pour réduire consommation énergétique et émission de gaz à effet de serre.

Un parc qui tend à se mettre au vert

Un parc de loisir, c’est loin d’être écologique. Entre les déchets, la consommation d’électricité, les tonnes d’eau qui se déversent dans les bassins… au final, nos loisirs coûtent cher à la planète ! Conscient que sa note envers la Terre est salée, le Futuroscope fait un geste en ce sens en prenant des initiatives comme l’installation de 900 m2 de panneaux photovoltaïques sur l’immense verrière de la Cité du Numérique. La production annuelle engendrée dès cet été correspond à la consommation en électricité de 60 habitants et une économie de 37 tonnes de CO2. Cette énergie équivaut à la consommation électrique sur 18 mois du projecteur IMAX 3D utilisé pour l’attraction Arthur, l’aventure 4D.

Écoutez l’interview de Christine de Samie, chargée de la qualité de l’environnement au Futuroscope. (4’29)

[audio:http://www.neo-planete.com/wp-content/uploads/2011/07/christine-de-amie.mp3|titles=Christine de Samie]

Le deuxième parc d’attractions et de loisirs de France entend bien continuer sa démarche. Il présentera en 2012 aux visiteurs « le Jardin des Energies », espace qu’il souhaite interactif et artistique pour exposer les énergies d’avenir et renouvelables.




























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Emilie Villeneuve

Sa licence de journalisme en poche, elle s’envole pour la Réunion où elle arpente l’île en tant que journaliste radio au sein de RFO. Une fois revenue en métropole, Emilie se consacre à l’environnement et au bio avec Bioaddict.fr et pige également en tant que journaliste web avec DDMagazine.com. Elle intègre la rédaction de Néoplanète en avril 2011 dont elle est aujourd'hui la rédactrice en chef adjointe du site et de la webradio. Elle fait également partie de l'équipe de "Bougez Vert", émission diffusée sur Ushuaïa TV.