L’art de la récup’

Un article de « Reporters d’espoir« 

Extramuros - Une des oeuvres de Rosana del PreteIl n’est peut-être pas si lointain, le jour où l’on vendra sous la coupole du Grand Palais de Paris des pots de yaourts ou des vieux tissus remisés à la cave. C’est en tous cas l’ambition de l’association et entreprise d’insertion Extramuros. Deux structures en un seul nom pour un unique objectif : récupérer les déchets des entreprises et les transformer en objets d’art. Ironie du sort : ils sont exposés dans ces mêmes entreprises qui les ont produits ou rachetés pour être offerts. Le Grand luxe.

Site de l’action : Gennevilliers (Ile-de-France, France)

Les enjeux…

La production française de déchets non-dangereux des entreprises s’est élevée à 21,7 millions de tonnes en 2004. Cinq régions, dont l’Ile-de-France, sont à l’origine de 43 % de ces déchets (source : Ademe – « Evaluation de la production nationale des déchets des entreprises en 2004 », février 2006).
Parmi les 168 entreprises d’insertion recensées en Ile-de-France en décembre 2008, seules 5,4 % s’occupent de récupération et de recyclage (source : Union régionale des entreprises d’insertion d’Ile-de-France, « Aspects structurels », décembre 2008).
L’objectif de l’initiative Extramuros est de produire des objets de qualité à partir de matériaux de récupération, dans le cadre d’un projet d’insertion sociale.

Extramuros, c’est quoi exactement ?

Sensibiliser au développement durable en donnant une seconde vie aux déchets : c’est l’idée de Jean-François Connan, directeur du développement durable dans une entreprise d’intérim et des designers Rosana Del Prete et Isabelle Pujade, lorsqu’ils créent, en 2005, l’association Extramuros. Ils récupèrent auprès des entreprises métaux, bois de chantier, sacs et bâches publicitaires qu’ils métamorphosent en porte-cartes, luminaires, petite maroquinerie ou encore en mobilier.
Si l’association Extramuros se focalise désormais sur le volet sensibilisation (organisation d’expositions, démonstration de la transformation, jeux de reconnaissance du matériau initial à partir de l’objet final), l’entreprise d’insertion, « filiale » de l’association éponyme créée en 2008, coordonne les activités commerciales et la modification des objets récupérés. Elle embauche pour cela d’anciens chômeurs de longue durée, qui bénéficient en parallèle d’un accompagnement social et d’une aide à la recherche d’emploi dans divers secteurs (tri, confection, menuiserie, etc.).
Suprême succès pour Extramuros : plusieurs de ses partenaires se montrent intéressés par le rachat des objets issus de leurs propres déchets en vue de les revendre ou de les offrir à leurs clients et employés.

Les résultats…

Depuis 2005, une cinquantaine d’objets ont été imaginés à partir de matériaux de récupération, vendus entre   5€ (pour un pot à crayon) et 3000€ pour des casiers de tri transformés en secrétaires design. Les profits réalisés sont intégralement réinvestis dans l’atelier d’insertion. Une personne était sous contrat (CDD) en 2008 et deux autres doivent être recrutées en 2009.

Partenaires : Fondation Veolia Environnement, La Poste, SNCF, Vinci
www.extramuros-paris.com

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