L’après-pétrole ? Ce n’est pas le problème de Total !

Bouri_NC_41_DP4_platformMaintenir le cap fixé par Christophe de Margerie à la tête de Total pour continuer à trouver un pétrole de plus en plus rare : le credo du 5ème pétrolier mondial ne va pas changer avec la nomination de Patrick Pouyanné comme directeur général, chapeauté par celui qui a été PDG pendant 12 ans, Patrick Desmaret.

S’il ne porte pas la moustache, le souriant Patrick Pouyanné a lui aussi un côté rond et rassurant, bien dans la ligne de Christophe de Margerie auquel il devrait succéder en 2015 comme PDG. Et même si les quantités de pétrole extrait continuent à baisser comme c’est le cas depuis 2007, Total va s’efforcer de toujours rechercher du pétrole et de forer de plus en plus en profondeur, à des coûts de plus en plus élevés. Mais les prix du pétrole sont eux aussi élevés et les bénéfices (en baisse) sont restés supérieurs à 8 milliards d’euros en 2013.

« Commited to a better energy »

« Engagés pour une énergie meilleure » : le nouveau slogan de la dernière campagne mondiale de Total (en anglais) enfonce une porte ouverte. Qu’est-ce qu’une énergie meilleure ? Est-elle moins polluante, mais toujours fossile ? Est-elle renouvelable, donc sans émissions de gaz à effet de serre ? Pour Total, il est clair qu’on utilisera pratiquement la même quantité d’hydrocarbures en 2030 malgré une loi sur la transition en France qui fixe des objectifs sans expliquer comme y parvenir.

Les paradoxes ne manquent pas 

Officiellement, Total veut « répondre à la demande en énergie et lutter contre le changement climatique » tout en s’efforçant « d’investir pour préparer le futur énergétique », donc avec moins d’énergies fossiles.

Le signe d’un changement aurait pu s’appeler Philippe Boisseau, le directeur marketing, également patron des énergies nouvelles. En 2011, grâce à lui, Total prend le contrôle du fabricant de modules photovoltaïques californien SunPower avec la volonté affichée de devenir « le leader mondial de l’énergie solaire » mais la concurrence chinoise fait vite très mal. Après deux ans de pertes, SunPower est de nouveau bénéficiaire mais l’affaire a laissé des traces et Total est plus à l’aise avec un nouveau carburant pour avions au jus de canne à sucre.

Chez Total, comme à EDF et chez Areva – qui viennent eux aussi de changer de patron – préparer le futur consiste d’abord à investir dans le ‘cœur de métier’. Comme l’après-nucléaire, l’après-pétrole peut attendre.

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Yves Leers

Journaliste spécialisé dans les questions d’environnement (AFP), conseil en développement durable (L’Atelier du climat), ex responsable de la communication et de l’information de l’ADEME.