Lambert Wilson soutient Europe Ecologie

Les élections européennes approchent, le comédien Lambert Wilson affiche clairement son soutien à la liste Europe Ecologie.

« C’est une époque passionnante, horriblement cruciale, Les scientifiques n’arrêtent pas de nous dire qu’il faut qu’on change notre rapport à la planète, notre mode de vie… Et je crois qu’il est temps de montrer, lors d’une élection que ce message est entendu. Je trouve que le vote pour Europe écologie est fondamental, parce qu’il peut véritablement changer les choses, au niveau européen. »
Lambert Wilson

Il s’explique sur ce soutien en vidéo.

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L’engagement de Lambert Wilson, en faveur de l’environnement, ne date pas d’hier, il nous avait fait l’honneur d’accorder une interview à Yolaine de La Bigne notre rédac chef lors de la parution du n°1 du magazine Néoplanète. Pour ceux qui n’ont pas eu la possibilité de la lire, la voici.

LAMBERT WILSON – Le dandy écolo

YB : Greenpeace est une association, particulièrement intègre et dynamique, que les Français ne comprennent pas toujours. Cela correspond à vos envies profondes ?

LW : J’ai adhéré à d’autres associations auparavant, mais j’en cherchais une qui avait une approche globale de la situation pour travailler en profondeur sur le changement de notre perception du monde. Cela fait environ 6 ans que je les aide comme je peux, quitte à m’attacher à des camions pour protester contre la déforestation ou à arracher des cultures OGM. J’admire les valeurs de Greenpeace, son intelligence de la communication, l’efficacité de ses méthodes et son activisme non violent. Partout où je vais dans le monde, je rencontre des militants de Greenpeace très courageux, parfois menacés de mort, et prêts à beaucoup de sacrifices pour leurs convictions.

YB : Y a-t-il eu un déclic particulier pour déclencher votre fibre écologiste ?

LW : Très clairement le premier choc pétrolier ! J’étais un ado comme les autres et tout d’un coup, nous prenions conscience de notre dépendance à l’énergie fossile. Sans parler déjà d’écologie, j’ai compris à quel point, sans nous en rendre compte, nous étions déconnectés de la nature, de la réalité. J’ai commencé à rêver de vie loin du monde et autres fantasmes utopiques. D’autant que j’avais la chance d’habiter en pleine forêt, à Rambouillet, et j’ai progressivement vu mon environnement se dégrader, les animaux disparaître. Et puis entre 17 et 20 ans, j’ai vécu en Angleterre et cela a beaucoup modifié ma vision des choses. Les protestants du Nord de l’Europe ont une conception de la vie très différente des catholiques du Sud, ils ont un sentiment très fort de responsabilité vis-à-vis de la communauté. Entretenir l’environnement pour eux, respecter ce qu’il y a autour de soi, c’est respecter les autre, c’est un acte de civisme.

YB : Votre famille était-elle aussi sensible à la nature ?

LW : Mes parents n’étaient pas des militants, mais ils aimaient surtout la beauté d’un lieu. Par exemple, l’été nous allions dans le Midi, dans une maison située sur une colline superbe, qu’ils ne voulaient pas voir dévaster par des pylônes. Donc nous vivions sans électricité. Souvenirs sublimes… Ca n’a pas duré bien sûr. Ma mère avait tout de même déjà une vraie conscience du danger de la pollution : on ne devait pas salir, jeter des déchets n’importe où, on fermait les fenêtres de la voiture en entrant dans un tunnel pour ne pas respirer un air vicié, etc.

YB : En tant qu’acteur, vous avez été parmi les premiers à prendre officiellement position, notamment pour Greenpeace. Pourquoi cet engagement ?

LW : Parce que j’avais été fasciné par quelques modèles comme Robert Redford ou Meryl Streep, qui font preuve de cette efficacité typiquement américaine. Ce n’est jamais évident pour nous de défendre l’environnement, car on a tendance à être trop dans l’affectif. Or, il s’agit souvent de problèmes scientifiques, techniques, et il faut avoir un discours précis, objectif… Pas toujours facile ! Mais c’est un combat capital. Pour moi, l’univers c’est mon corps. Je fais partie – nous faisons partie – d’un tout : la planète. De la même façon que je veux pas qu’on me blesse, je ne veux pas qu’on la meurtrisse. Je ne crois pas que le monde changera grâce à la politique, mais plutôt grâce aux actions individuelles. Si on s’y met tous, chacun, chaque jour, on y arrivera.

YB : Comment ?

LW : Déjà en se posant la question, en arrêtant de consommer sans réfléchir, en se demandant ce qui se passe avec l’eau, l’énergie, etc. Ce n’est pas du moralisme mais plutôt du pragmatisme, du bon sens. Je ne me considère pas comme parfait, loin de là mais j’essaie au quotidien d’évoluer dans le bon sens. Et il y a des gestes qui me révoltent. Cela m’arrive, par exemple, quand je vois quelqu’un jeter quelque chose par terre, de le ramasser et de lui courir après avec le papier ou la cannette, puis de lui dire avec un grand sourire : « Vous avez oublié quelque chose ». Ou encore, il y a quelques temps, j’étais tout seul sur une plage en Italie et je me suis mis à tout nettoyer fébrilement pendant deux heures. Quand je suis parti, le sable était impeccable et je jubilais à l’idée des gens qui débarqueraient le lendemain. Mais est-ce que cela aura changé pour autant leur vision de leur plage ? Rien n’est moins sûr.

YB : Vous ne semblez pas très confiant dans l’avenir.

LW : Pas du tout ! Je suis même totalement pessimiste. Même si l’homme est très intelligent, il est très tard et la situation est préoccupante. Surtout, tant que la plupart de ceux qui nous entourent continuent de n’avoir qu’un rêve : rouler en 4X4 !

Par Yolaine de La Bigne

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