Il y a du gaz dans l’air… et de l’acide dans l’eau

D’après une étude publiée fin août dans la revue Nature Climate Change, la diminution du phytoplancton est responsable de l’acidification des océans et participe au réchauffement climatique.

Pour nous développer, nous produisons massivement du dioxyde de carbone, un gaz nocif pour notre planète. Heureusement, la nature limite notre impact en filtrant une partie du CO². Les arbres le transforme en oxygène, ce qui nous permet de respirer. Mais les océans aussi nous rendent service. En ingérant le dioxyde, ils limitent le réchauffement climatique.

 

Mais à quel prix ?

Un quart des émanations sont absorbées par nos océans et la cadence ne fait que s’accélérer. On estime que 20 à 25 millions de tonnes de CO² sont rajoutés chaque jour dans les océans, ce qui entraine une forte acidification.

Si l’océan agit comme un poumon, alors  le phytoplancton joue le rôle d’alvéoles. Ces organismes microscopiques créent un gaz aérosol indispensable à la transformation du CO². En stagnant à la surface de l’eau, il agit comme un filtre à CO² et à UV, ce qui évite que les eaux ne se réchauffent trop vite. Hélas, leurs émissions sont de plus en plus faibles.

D’ici 2050, on estime que le degré d’acidité de nos océans sera trois fois plus élevé et 100 fois plus rapide que durant la période glaciaire

Une simulation faite par des chercheurs a permis de montrer que si la cadence se confirme, les océans verront leur capacité d’absorption se réduire à 18% d’ici 2100. Cela représente une augmentation des températures de l’ordre de 0.23 à 0.48 degrés. Ces résultats sont inquiétants et selon les scientifiques, il ne faudrait pas trop les prendre à la légère. Selon eux, c’est la première fois en 800 000 ans, que le PH des océans est aussi faible (important). Pire encore, l’étude publiée l’année dernière dans la revue Science, montre que le rythme auquel l’eau s’acidifie est de plus en plus rapide. En somme, un pic d’acidité que l’on n’a pas constaté depuis 300 millions d’années (étude paru dans la revue Science 2012) !

 Pour l’instant il n’existe pas vraiment de solutions

Même si quelques pistes sont explorées. L’entreprise Climos, par exemple, propose de lancer des particules de fer dans l’océan pour le fertiliser. Ce qui est certain, c’est que  la diminution du phytoplancton n’est pas pris en compte dans les projections sur l’évolution climatique, alors qu’il paraît urgent de les considérer.

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Après un an passé en Irlande où elle obtient son bac à lauréat, elle revient en France où elle suit une année de lettres modernes à la faculté de Bordeaux. Depuis 2011 elle suit une formation de journaliste à Paris.