« La Terre outragée », Tchernobyl au cinéma

Le film « La Terre outragée » de Michale Boganim est la première fiction à avoir été tournée sur le site de la catastrophe de Tchernobyl. Il sort en salles ce mercredi 28 mars.

Le 26 avril 1986, Pripiat. Dans cette ville située à trois kilomètres de la centrale nucléaire de Tchernobyl, et construite dans les années 1970 pour héberger les employés de la centrale, Anya et Piotr célèbrent leur mariage. Le petit Valery et son père Alexeï, ingénieur à la centrale, plantent un pommier. Nikolaï, garde forestier, fait sa tournée habituelle dans la forêt.

Mais en cette belle journée de printemps, un accident va se produire à la centrale. En pleines festivités, Piotr est réquisitionné pour éteindre l’incendie à Tchernobyl. Il n’en reviendra jamais. A Pripiat, plus rien ne sera comme avant. Les populations sont évacuées brutalement et la nature est immédiatement affectée. Et Alexeï, condamné au silence par les autorités, préfère disparaître.

Dix ans plus tard, Pripiat qui comptait 49 360 habitants en 1986 est désormais une ville fantôme. Anya est devenue guide dans la zone sinistrée. Valery cherche les traces de son père, et Nikolaï cultive toujours son jardin empoisonné. Arriveront-ils à retrouver l’espoir d’une nouvelle vie ?

A propos de la réalisatrice

Michale Boganim est née en Israël et a été élevée en France. Elle a pourtant choisi de réaliser son premier long-métrage de fiction sur le traumatisme qu’ont vécu les habitants autour de Tchernobyl, contraints de quitter leur maison après l’accident. « Mon père a fait la guerre du Kippour, la guerre du Liban, on a dû quitter Haïfa précipitamment, cet arrachement brutal m’es familier. J’aurais pu raconter ma propre histoire, mais je trouve plus intéressant d’aller voir ailleurs des histoires qui nous renvoient à nous-mêmes. Le film est une fiction, mais Anya est un peu mon double. » explique la réalisatrice.

Au-delà de la fiction, une certaine démarche ethnographique sous-tend le film. C’est à partir d’histoires réelles que Michale Boganim a écrit le scénario. « J’ai passé beaucoup de temps avec des gens qui avaient subi la catastrophe nucléaire, j’ai fait un travail de recherche énorme » confie-t-elle.

Le plus dur a cependant été d’obtenir les autorisations pour filmer dans la zone où la catastrophe a eu lieu. La réalisatrice en témoigne : « Certains endroits de la zone nous sont restés interdits, on avait en permanence avec nous des gens de la sécurité, qui étaient là officiellement pour nous protéger, mais aussi pour surveiller ce qu’on tournait. Il a fallu détourner le projet, écrire un faux scénario pour rassurer. »

Un film primé

« La Terre outragée » a obtenu le prix du public dans la catégorie long-métrage au 24ème Festival Premiers Plans d’Angers. Il a également obtenu le Prix du public du 29ème Festival International du Film d’Environnement.

Pour l’anecdote, l’accident de Fukushima est intervenu juste après le tournage de « La Terre outragée ». Au Festival de Tokyo de 2011 où le film a été présenté, la réalisatrice confie que « les gens ont été extrêmement émus… ».

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La Terre outragée

Un film de  Michale Boganim

Avec Olga Kurylenko, Andrzej Chyra, Ilya Iosifov

Catégorie Drame

Durée 1h48

Langue Français / Russe / Ukrainien

Plus de renseignements sur : www.le-pacte.com/france/prochainement/detail/la-terre-outragee/

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