La tauromachie restera une exception française

corrida taurea conseil cotitutionnelLa corrida est conforme à la constitution dans les régions où elle fait l’objet d’une tradition ininterrompue, selon le Conseil constitutionnel qui a rejeté le 21 septembre le recours de deux associations qui avaient demandé l’abolition de la corrida en France.

Le Comité radicalement anti-corrida (Crac Europe) et l’association Droits des animaux estimaient inconstitutionnelle la dérogation à l’article 521-1 du Code pénal qui réprime les actes de cruauté envers les animaux mais autorise les corridas au nom du respect des traditions locales.

Selon les « Sages », ces pratiques traditionnelles « ne portent pas atteinte à des droits constitutionnels protégés». Le critère de ‘tradition locale ininterrompue’, a jugé le Conseil, est «précis, objectif et rationnel», ces exceptions s’appliquant aussi aux combats de coqs. Deux députés girondins avaient obtenu cette dérogation en 1951 pour les combats de coqs et les spectacles tauromachiques « à condition qu’ils se déroulent dans des localités où une tradition ininterrompue peut être établie ».

Les réactions indignées des militants anti-corrida ont été immédiates: le CRAC, que soutient Brigitte Bardot, Jean-Paul Belmondo et Alain Delon, a dénoncé une «dictature tauromachique» et « une décision politique ». Le seul recours possible à ce stade pourrait être une saisine de la Cour européenne des Droits de l’Homme.

En France, la question de la tauromachie partage la classe politique, à droite comme à gauche. Le ministre de l’Intérieur, Manuel Valls, avait estimé que la tauromachie est « une culture à préserver ». Pourtant, la Catalogne, d’où le ministre est originaire, a totalement interdit la tauromachie. L’ultime corrida de l’histoire de la Catalogne s’était déroulée à Barcelone il y a juste un an.

 

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Yves Leers

Journaliste spécialisé dans les questions d’environnement (AFP), conseil en développement durable (L’Atelier du climat), ex responsable de la communication et de l’information de l’ADEME.