La start-up qui transforme les déchets liquides dangereux en eau

Exemple déchet résidu pétrolier Créée en 2008, la société Innoveox développe, en exclusivité, une solution brevetée par le CNRS pour détruire les déchets dangereux, comme les pesticides, les huiles et solvants usagés ou encore les déchets pétroliers.

Tout commence lorsque Jean-Christophe Lépine, entrepreneur issu de l’investissement immobilier, s’intéresse aux recherches de son ami François Cansell, directeur général de l’Institut polytechnique de Bordeaux (Gironde). Lors d’une discussion amicale sur l’environnement, ce dernier lui parle de sa dernière trouvaille : l’oxydation hydrothermale supercritique à énergie positive. Jean-Christophe Lépine se passionne pour le projet au point de tout quitter, vendre ses actions et fonder Innoveox pour développer cette technologie qui permet de recycler les déchets liquides dangereux. « C’était une prise de risque énorme,mais calculée. J’ai ce souci de l’avenir de la planète, j’ai compris que les ressources ne sont pas inépuisables. Si ce n’était pas pour cette technologie, je me serais lancé de toute manière dans une autre quête. »
La solution développée par François Cansell soumet les liquides concernés à une pression (plus de 250 bars) et une température (plus de 400 degrés) élevées afin d’obtenir une matière organique soluble, où huile et eau se mélangent. De l’oxygène liquide y est ensuite injecté, permettant une oxydation rapide (moins d’une minute) ainsi que la destruction de la matière organique.

En fin de procédé, il est possible de récupérer l’eau et l’énergie produites

Jean-Christophe LépineEn résulte, en sortie de tuyau, de l’énergie, ainsi qu’une eau rejetable directement dans l’environnement ou réutilisable dans l’industrie. L’entreprise promet un traitement efficace à 99,99%, aucune émission de gaz polluant ni odeur, la possibilité de produire de la chaleur ou de l’électricité ainsi que la récupération et la valorisation de métaux et de minéraux.

Couvert de prix — le Chemstart’up du ministère de l’Industrie, récompensant les jeunes entreprises innovantes, les prix Pierre Potier et Pollutec-Ademe, respectivement pour les innovations de la chimie en faveur du développement durable et les techniques innovantes en faveur de l’environnement —, Innoveox a pu proposer ses services aux grands groupes de la chimie, du pétrole et de la pharmacie. Ses clients déboursent, hors transport, 150 à 1 000 € pour voir une tonne de leurs déchets traitée, avec en fin de procédé la possibilité de récupérer eau et énergie. Chaque installation est faite sur mesure.

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« Nous vérifions les installations de l’industriel, puis nous mettons en place une machine en fonction de ses besoins et de son cahier des charges, précise Jean-Christophe Lépine. Certains ne souhaitent pas récupérer l’eau, elle est donc directement rejetée dans l’environnement.» Côté énergie, les économies peuvent être considérables puisque pour une tonne de déchets traitée, la machine peut récupérer jusqu’à un mégawattheure. Innoveox a déjà été approché par des groupes en Inde, en Chine, au Moyen-Orient, au Japon et au Brésil. La PME voit déjà plus loin et explore de nouvelles formes de recyclage, notamment celles des fibres de carbone longues ou des panneaux photovoltaïques.

Siège : Paris.
Effectif : 14 salariés.
Chiffre d’affaires 2013 : 100 000 €.
Tarif : entre 150 € et 1 000 € par tonne traitée.

Article paru dans Aujourd’hui en France Economie du 3 février 2014.

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Après des études de journalisme à Paris et Dublin, Julie s'est lancée comme correspondante pour des sites d'informations québécois, couvrant l'actualité française. En 2013, elle revient sur les bancs de Néoplanète, qu'elle avait déjà arpentés quelques années plus tôt. En parallèle, elle cultive son blog, consacré au voyage.