La revue de blogs par Ecolo-info: « La finance, c’est trop XXième »

La crise est sur toutes les lèvres actuellement, pas moyen d’y échapper, et pourtant… ce week end dans la zone commerciale du coin, les magazins étaient bondés, les parkings complets et les gens achetaient… allez comprendre !

Sur la blogosphère écolo, la crise « financière » soulève aussi bon nombre d’interrogations.

Dollars !
Creative Commons License photo credit: pfala

Grégoire, du haut de sa Suède adoptive, souligne que la crise financière ne doit pas masquer la crise écologique et nous invite à une comparaison : si la crise financière actuelle prenait la forme d’une crise écologique, nous aurions un cocktail de canicules, de catastrophes sanitaires, alimentaires, et technologiques en tout genre… serait-il possible alors de sauver le système en injectant des milliards d’euros… ? Peu probable. « On a tendance à taxer les écologistes de « catastrophistes de l’apocalypse » mais là, ce sont les financiers qui nous jouent cette partition… » déplore-t-il…

Et quelle partition ! Quand on sait que depuis le 23 septembre dernier nous consommons plus de planète que nous le devrions, il y a de quoi s’inquiéter bien pire qu’avec la crise financière ! Et là c’est Laure qui parle (billet du 1er octobre) : « Cela fait plus d’une semaine que nous vivons au-dessus de nos moyens. Nous sommes à découvert et notre compte plonge chaque jour un peu plus profond dans le rouge. Ca ressemble comme deux gouttes d’eau à un scénario qui se joue aujourd’hui à Wall Street, Tokyo, Paris, Londres et ailleurs, mais c’est en réalité beaucoup plus terre à terre que cela. (…) Certes, la Terre a une capacité naturelle à renouveler ces ressources, mais notre demande actuelle dépasse de 40% cette capacité et nous consommons en un an ce que la planète met un an et quatre mois à produire. » Le découvert écologique est béant, et « personne ne vient nous réclamer de rembourser la dette ». Quand on sait que l’OvershootDay existe depuis 1986 et qu’il a lieu chaque année de plus en plus tôt, on comprend le désarroi…

Peace
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Un triste constat effectué aussi par Raffa un peu plus tard dans un registre parallèle, lors de la journée mondiale d’action contre la dette illégitime, les Institutions Financières Internationales et le changement climatique… Nous donne-t-on vraiment le choix aujourd’hui demande-t-elle…: « quel sera en effet l’impact de cette dette colossale (et des intérêts liés) que nous contractons tous, contraints et forcés, pris en otages, pour sauver le système financier de son auto-destruction ? » Difficile de répondre à cette question, quelle est la plus « odieuse » des dettes… ?

La grise mine est donc omniprésente dans la toile verte… mais après les questions et la colère, on évoque des solutions : Isabelle nous offre un beau billet en ce sens : « Dire que l’avenir est obscure est un euphémisme » écrit-elle, « Il faut donc réagir. Mais comment ? En posant le diagnostic – la litanie des catastrophes n’est pas un diagnostic – en mettant en valeur les liens de cause à effet de ce qui nous arrive, et en proposant, en créant un autre monde. Et surtout, en en donnant envie, en le rendant crédible, désirable. Ce n’est pas le changement de mode de vie de notre petite poignée de convaincus qui sauvera la planète, hein ! Il faut donc trouver les mots qui rendront audibles au plus grand nombre les avantages du choix d’un modèle écologique. » Et pour cela Isabelle, agronome de formation et « auteure inspirante » de profession, se lance dans une démonstration très construite : notre société est fondée sur le pétrole, notre agriculture et notre alimentation le sont aussi, or des solutions alternatives existent pour éviter les crises économiques et écologiques sur auxquelles notre mode de fonctionnement est voué : « Depuis qu’elle est apparue, la Nature a toujours crû sans jamais s’épuiser. Elle est la seule économie durable qui ait jamais montré ses preuves. Elle ne jette rien et réutilise tout. Elle dans la diversité sa capacité à se régénérer et à faire de ses déchets de nouvelles richesses. » Alors pourquoi ne pas suivre l’exemple de la Terra Preta notamment ?

En moins glamour... dans la baie...
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Pourquoi pas oui. La question du penser autrement étant aussi posée par Denis, qui ne se déclare par frileux pour un sou et propose de supprimer les bourses. « Et si on décrétait que c’est d’abord la valeur des humains qui fait celle d’une entreprise, d’une société, et que tout sacrifice d’emploi sur l’autel de la bourse est un crime contre l’humanité? Que la nature préservée rapporte ô combien plus que les espaces dévastés ? » Une interrogation que l’on retrouve en filigrane chez Quotidien Durable, où Olivier constate aussi que le système est malade mais où la question est autre : « Vos valeurs sont elles en berne ? Vous savez, c’est 4-5 valeurs qui vous animent ? Celles qui vous guident dans vos choix, celles qui font que vous pouvez être fier de vous chaque jour car vous les suivez. Celles qui vous donnent espoir. Votre F10, l’indice qui qualifie vos relations avec vos meilleurs amis a-t-il pris une grosse claque hier ? Faites vous confiance à vos amis ? Etes vous toujours convaincu qu’ils seront là pour vous ? Souriez vous toujours à l’idée de les revoir prochainement ? » Car c’est vrai, le bonheur ne dépend pas d’un avenir inconnu qui l’a toujours été, mais bien plutôt de la manière dont on conçoit la vie, n’est-ce pas… ? « Investissez dans vos « espérances et …prenez attention, tachez d’être heureux » recommande Olivier avant de conclure : « Personnellement, je n’ai aucune confiance dans le système bancaire, mais je suis persuadé de mon bonheur pour les 10 années à venir. »

Au final, entre cette crise de conscience et cette prise de réel, certains sont résolument prêt à être créatifs et sont dotés d’une volonté d’avancer autrement au plus au point. Ainsi que l’annoncent les Inventeurs,   « MA GÉNÉRATION INVENTERA UN FUTUR VIABLE »

Après la fin du jeu estiment-il, voilà le début du JE. « Ma génération a le choix entre inventeurs et conservateurs. Celles et ceux qui veulent prolonger le 20ème siècle, repousser encore un peu l’échéance. » Cette année la génération Brunteland a 21 ans, un « bon anniversaire pour le 21ème siècle »… ajoutent-ils… On a comme une envie, avec eux, d’inventer à plusieurs JE les nouvelles règles… en somme.

Rubrique en partenariat avec Ecolo info

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