La plus écolo des horloges

Il s’agit du cadran solaire, Yves Guyot, est l’un des plus réputé cadranier (celui qui fabrique le cadran) et gnomoniste (celui qui effectue les calculs) français. Il nous communique une foule d’informations sur ces horloges qui fonctionnent sans pile et sans mécanisme (bien entendu il faut que le soleil soit de la partie…).

Connu depuis des millénaires :

Plus de 2000 ans avant J.C, l’homme divisait déjà le temps de la journée grâce au déplacement apparent du soleil. Le cadran solaire était né. D’abord par l’ombre portée du corps ou d’un bâton planté dans le sol, le « Gnomon « , ensuite par l’ombre d’une tige métallique sur une surface plane, horizontale ou verticale. C’est le plus vieil instrument pour mesurer le temps !

Connu des Chinois, Egyptiens et Grecs, le cadran solaire fût boudé au Moyen-Age. A la Renaissance, période de « renouveau », de remarquables cadrans sont peints en Italie, puis en France. Au fil des années l’essor est grandissant. Un nouveau métier voit le jour, « cadranier », associé au travail du gnomoniste. De véritables oeuvres d’art sont réalisées, employant toutes sortes de corps de métier: mathématiciens, géomètres, maçons, sculpteurs, peintres…

Chacun, nanti de son cadran, voit midi à sa porte! Hélas, l’invention de la montre mécanique mettra un terme à ces merveilleuses réalisations.

Mais le cadran solaire revient en force, hormis sa fonction principale qui est de donner l’heure (avec une précision de l’ordre de la minute), c’est également un magnifique objet décoratif.

Une méthode de fabrication écologique :

La réalisation du cadran par elle même est volontairement faite suivant des méthodes ancestrales (peinture à la chaux et gravure au ciseau à pierre). Toutefois, il est toléré de remplacer, pour les peintures à la chaux «à secco» les liants utilisés au XVII ème siècle sensibles aux bactéries (telle que la caséine du lait, l’amidon, l’œuf, le sang, etc.) par des liants synthétiques (dans la limite de 3% maximum).

Les calculs, juste pour vous donner une idée :

Pour se rendre compte du temps important que représente la partie calculs, citons en exemple la création d’un cadran solaire indiquant à la fois les heures de la journée et les dates de signe zodiacaux. Pour cela, il est nécessaire de réaliser plus de mille opérations de trigonométrie.
Exemple : coordonnées d’un point d’une courbe de date
X=D . cos delta . sin H / sin phiB . sin delta + cos phi B . cos delta . cos H
Y = -D . sin delta / cos phi B . (sin phi B . sin delta+ cos phi B . cos delta . cosH)
En faisant varier pour chaque x et pour chaque Y, delta tous les 10 jours de 23,44° à –23,44° et H toutes les heures, du lever au coucher du soleil.

A raison de 5 minutes par opération, sans se tromper, les calculs seuls prendraient à la main 83 heures.

Merci l’informatique :

Heureusement l’informatique est venue au secours d’Yves Guyot et grâce aux différents programmes qu’il a mis au point, l’ordinateur effectue ce travail en 3 minutes environ.

Yves Guyot fabrique ses cadrans à distance :

« Mon procédé:
Un moyen de créer des cadrans par correspondance. Le procédé que j’ai mis au point, me permet de déterminer l’orientation de n’importe quelle façade par rapport au sud géographique (et non celui de la boussole), dans tous pays sans me déplacer.
Ce procédé comporte deux éléments techniques
– un système gradué que j‘expédie au client
– Un programme informatique approprié
L’idée est de repérer l’image du soleil créée par un point lumineux sur un plan et de noter sa position angulaire à l’instant de la mesure.
L’utilisation par le client est très simple : celui-ci place le système gradué sur la façade de son choix et effectue 4 relevés d’ombre.
Il suffit alors de noter :
– l’heure des mesures
– la date
– le nombre de degrés trouvés sur le système
Le client fait les mesures et me communique alors les valeurs trouvées que je rentre dans le programme informatique. La précision peut atteindre moins du 1/10ème de degré.

Cette nouvelle technique, dérivée de la méthode du clou, présente un intérêt tout particulier dans le fait que je crée 90 % de mes cadrans par correspondance, France et étranger, sans voir mon client, ni sa façade. »

En conclusion :

Yves Guyot donne de nombreuses conférences et intervient aussi dans les écoles et collège car c’est un vrai passionné de son art, pour en savoir beaucoup plus sur les cadrans solaires (les infos ci-dessus ne sont qu’un bref résumé) vous pouvez vous rendre sur son blog : cadransolaire.info ou sur son site : cadrans-solaires-yves-guyot.com et pour attiser votre curiosité, sachez qu’il fabrique également des cadrans solaires de poche…

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