La place des femmes dans les médias

Pour la Journée de la femme, nous nous intéressons, entre autres, à l’image des femmes dans les médias. Comment sont-elles représentées ? Brigitte Gresy, de l’Observatoire de la parité entre les femmes et les hommes, a mené deux enquêtes sur le sujet. Rencontre.

Doit-on rechercher la parité entre hommes et femmes ou l’égalité ?

Ce sont deux notions différentes. La parité, c’est quand on cherche à obtenir deux parts égales. C’est davantage un terme arithmétique. L’égalité est une notion plus large. Mais on ne peut pas toujours réclamer 50-50, comme dans le monde économique où la réalité est très différente (dans certaines entreprises il n’y a que des hommes, dans d’autres que des femmes). On cherche donc la mixité, voire une représentation équilibrée des hommes et des femmes.

Vous avez été la rapporteure de la commission « Image des femmes dans les médias ». Quelles ont été les conclusions de ce rapport ?

Dans un premier rapport de 2008, nous avions analysé la place des femmes dans l’information et les émissions. Nous avions alors vu que les témoins masculins étaient plus experts, ils racontaient le monde. Les femmes, au contraire, parlaient comme victimes d’un événement, sans l’expliquer. Autre constat : les femmes sont trois fois plus souvent représentées dans leurs relations familiales que les hommes. Les femmes sont aussi cinq fois plus citées sans leur nom que les hommes, y compris lorsqu’il s’agit de femmes politiques.

Dans le second rapport, en 2011, nous nous sommes focalisés sur les femmes expertes (économiste, porte-parole…) dans les médias. L’écart est grand : seulement 18% des femmes interviennent en tant qu’expertes.

Selon vous, pourquoi ces décalages persistent-ils ? Des actions ont-elles été mises en place pour renverser la tendance ?

Les médias disent qu’ils ont du mal à trouver des femmes expertes dans les fichiers. Ils sont très souvent dans l’urgence et font donc appel à leurs « bons clients », ceux qui ont l’habitude. Ce sont toujours les mêmes ! Rechercher des femmes, ça implique un petit effort. Et cet effort, certains le font, en forçant leurs équipes à aller dans ce sens, en faisant un suivi mois après mois…

Vous avez été directrice de cabinet de la ministre de la Parité et de l’égalité professionnelle, des thématiques actuellement intégrées dans le ministère des Solidarités et de la Cohésion sociale. En quoi ce type ministère fait avancer le débat ?

Il est très utile d’avoir un ministère qui soit vigilant sur la question de l’égalité homme-femme. L’égalité doit être intégrée dans l’ensemble des politiques publiques. Toutes les mesures prises ne sont pas neutres du point de vu du sexe : une mesure sur la formation professionnelle qui se déroulerait en dehors du temps de travail sera certainement moins suivie par les femmes que les hommes car, encore aujourd’hui, elles ont la charge des enfants. Il faut aussi une interministérialité : travailler en même temps sur la parité politique, la lutte contre les violence faites aux femmes, l’égalité professionnelle, ou sur une meilleure articulation entre la vie professionnelle et familiale. Avoir un ministère chef d’orchestre, c’est essentiel.

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