La pilule fait de la résistance !

Docteur Georges Perez, gynécologue spécialiste en pathologie mammaire et en gynécologie médicale et chirurgicale.

 

A quoi attribuez-vous cette baisse dans la prise de la pilule chez les 20-24 ans ?

Plusieurs hypothèses peuvent être évoquées : la prise de conscience féminine des risques encourus dans  certaines  circonstances (par exemple : le risque thromboembolique, les accidents vasculaires cérébraux surtout lorsque la patiente est fumeuse, le risque accru de survenue d’un cancer du sein, la perturbation du fonctionnement du foie…), et la diversité des moyens contraceptifs (implant progestatif, stérilet au cuivre, patchs contraceptifs, gel spermicide…).

La prise de la pilule influence-t-elle la libido ?

Elle est parfois diminuée (pilule progestative), parfois augmentée (pilule oestro-progestative), et parfois inchangée. Tout cela est gouverné par le cerveau qui est sensible à de nombreux facteurs et sollicitations : charme du partenaire, contexte érotique, imagination des 2 partenaires…

Est-ce dangereux de supprimer ses règles?

Je n’ai pas la réponse à cette question. Par contre, il est logique de penser que si la nature a fait que les règles surviennent vers le 28ème jour du cycle, cela correspond à une réalité physiologique qu’il convient de respecter. Mais, si pour une raison ponctuelle, une femme ne souhaite pas avoir de règles pendant un ou deux cycles cela ne pose pas de  problème (il suffit de prendre la pilule en continu pendant la période souhaitée).

Les protections intimes sont-elles, selon vous, utilisées à bon escient ? Quels sont les risques liés à leur utilisation ?

Parmi mes patientes, leur utilisation est correcte. Les serviettes ne me semblent pas poser de problèmes sauf sur le plan allergique. Depuis quelques années, je constate un  nombre croissant de consultations pour irritation vulvaire. Après vérification de l’absence de mycose et autres agents infectieux, seul reste comme diagnostic la vulvite allergique probablement due à de nombreux composants introduits sans vérification préalable dans la fabrication des serviettes (protections externes).
Concernant les tampons, ces irritations existent aussi mais moins fréquentes. Le risque, c’est l’oubli du tampon dans le fond du vagin ce qui peut favoriser, dans certains cas, une pullulation microbienne intra-vaginale pouvant entrainer une septicémie gravissime.

 

L’info en + : Contraception hormonale et environnement, quel lien ?

Une femme qui prend la pilule rejette, via ses urines, des hormones dans la nature, ce qui modifie le sexe de certains poissons ! C’est ce qu’a prouvé Karen Kidd et son équipe de Pêches et Océans Canada en injectant de façon progressive des hormones synthétiques dans un lac de 34 hectares au Canada. Cet apport suffisait à tromper certains mâles qui pondaient des œufs dans leurs testicules. Les femelles, alors stimulées, produisaient des œufs hors des périodes de reproduction.

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