La fourrure: ils veulent sa peau !

Chaque année, entre 65 et 70 millions d’animaux sont élevés et tués dans des conditions déplorables, voire barbares. Heureusement, des mouvements anti-fourrure partent au combat, bravant le puissant lobbying de ce marché cruellement vaniteux. Extrait du magazine Néoplanète n°23.

Dès 1976, à l’avant-garde d’un certain nombre de mouvements de protestation, Brigitte Bardot se sert de sa notoriété pour soutenir une vaste opération contre la chasse des bébés phoques (blanchons). Au milieu des années 1980, c’est l’association Lynx qui alerte le grand public sur le massacre des animaux pour leur fourrure, avec une campagne de télé choc : un top model défile sur un podium et, progressivement, éclabousse les spectateurs avec le sang de la bête sacrifiée. Puis c’est au tour de la PETA (People for the Ethical Treatment of Animals) de mobiliser ses forces. Tous les ans, elle fait appel à des célébrités qui posent gracieusement dans des campagnes de pub destinées à faire changer les mentalités. Les dernières en date ? Les chanteuses Mariah Carey, Lady Gaga et Pink.

Depuis sept ans, les militants de Fourrure Torture lancent régulièrement des opérations de communication via des stands d’information, des diffusions vidéo, des happenings, des manifestations… Suite à toutes ces actions, des enseignes internationales de prêt-à-porter comme Zara ont pris la décision de cesser la vente de toute fourrure animale.

La PETA organise des mises en scène et autres happenings, afin d’attirer l’attention du public par le biais de la médiatisation. À titre d’exemple, à Paris, le jour de la Saint-Valentin, une militante, arborant une fourrure ensanglantée, s’est enfermée dans une cage ; ou, lors de la dernière Fashion Week, un ballet a été créé devant l’Opéra, avec des danseurs professionnels du Cirque du Soleil ou des troupes de Dracula,
entre la vie et la mort et de Mozart, l’opéra rock. Des hommes, déguisés en animaux, cherchaient à récupérer leur fourrure volée par des femmes sans coeur. L’association surveille aussi les étiquetages des vêtements et des accessoires de mode dans les magasins et dans le Sentier (en effet, la législation française – peu ou pas souvent respectée – oblige la mention de l’espèce, même si elle ne représente qu’une petite partie du modèle). Pour ce faire, elle place notamment des caméras cachées pour débusquer les fourrures de chien sous l’appellation de « racoon ». Le consommateur croit acheter du raton laveur (traduction française de racoon), alors qu’il s’agit du nom d’une race de chien, le racoon dog (chien viverrin).

La journée sans fourrure

Lancée en 2007 par Fourrure Torture, cette journée, instituée le premier samedi des soldes d’hiver, est l’occasion pour les associations militantes d’alerter le public sur les dessous sordides de la production de fourrure. Cette année, ce sera donc le 14 janvier 2012. Aux États-Unis, le Fur Free Friday est devenu un jour national de mobilisation contre l’industrie de la fourrure. Cet événement est très suivi par les Américains.

Différentes groupements luttent contre l’industrie de la fourrure, à travers l’association International Anti-Fur Coalition. Ils soutiennent des actions internationales, notamment le projet de loi déposé à la Knesset (Parlement israélien), visant à en interdire son commerce. Ce projet a été largement plébiscité en Israël, mais aussi dans le monde. Paul McCartney, Brigitte Bardot, Chrissie Hynde et bien d’autres personnalités et hommes politiques de tous bords lui ont déjà apporté leur appui. Vous aussi, vous pouvez défendre ce projet de loi via le site d’International Anti-Fur Coalition. Malgré le combat des associations et autres groupes militants, le chemin sera long pour faire changer les comportements. Heureusement, Internet et les réseaux sociaux contribuent à faire connaître cette triste réalité au plus grand nombre. C’est en ayant conscience de l’envers du décor que l’opinion publique pourra faire pression sur les politiques. Affaire à suivre

Et ailleurs?

■ Le Royaume-Uni condamne l’élevage d’animaux à fourrure pour des raisons éthiques, depuis le 1er janvier 2003.
■ Certaines provinces d’Autriche ont prohibé l’élevage des animaux à fourrure, d’autres ont imposé des normes strictes.
■ En Suisse, la législation ne permet pas l’élevage intensif des animaux à fourrure.
■ En Croatie, au 1er janvier 2017, l’élevage des animaux pour leur fourrure sera interdit.
■ Aux Pays-Bas, les élevages de renards et de chinchillas sont illégaux.

© PHOTOS : PETA FRANCE – MICHEL POURNY

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