La croissance verte sera défendue au Forum Mondial de l’Eau

Bien avant l’ouverture du 6ème Forum Mondial de l’Eau à Marseille (du 12 au 17 mars 2012), les intervenants sont déjà à pied d’œuvre. Début décembre, décideurs publics et experts internationaux ont fait le déplacement jusqu’à Paris pour parler des enjeux de l’accès à l’eau et de l’assainissement.

Ancien chef de bureau au ministère de l’Écologie, Olivier Bommelaer interviendra sur l’« économie verte » lors du Forum. Sur les dix-huit heures consacrées à ce thème, il disposera de quatre heures pour convaincre les pouvoirs publics de l’avenir de l’économie verte.

Et si on passait de la croissance vert dollar à celle vert nature ?

La « croissance verte », c’est une manière de valoriser économiquement la gestion durable et écologique des écosystèmes. L’idée, c’est que « mieux vaut prévenir que guérir ». Un principe louable mais est-ce efficace ? Eh bien oui, ça marche ! Et les exemples sont légion : Las Vegas, New-York, Munich, Bonn ou encore Lons-le-Saunier (39).

Dans les années 90, l’eau potable des villes de Munich et New-York a commencé à perdre en propreté. Pour remédier à ce problème, elles ont opté pour des solutions similaires : acquérir des terres autour de leurs sources d’eau respectives et inciter les agriculteurs locaux à produire bio. Rapporté au mètre cube d’eau, l’investissement est raisonnable : 0,01 euro/m3 d’eau pour la solution munichoise et 11 cents/m3 d’eau pour la solution new-yorkaise. Alors qu’en France, un usager paye en moyenne 1,35 €/m3 d’eau pour le traitement des eaux usées dans une station d’épuration (eaufrance.fr). En décidant de protéger plutôt que de traiter, les deux villes ont fait un choix aussi économique qu’écologique.

La commune de Lons-le-Saunier, dans le Jura, a remédié au problème de la pollution de l’eau depuis les années 90. A cette époque, le taux de nitrate dans l’eau devenait alarmant. La mairie a donc demandé aux agriculteurs de se convertir au bio plutôt que de construire une usine de traitement de l’eau. Pour pousser les producteurs sur cette voie, la commune s’est engagée à acheter une partie de leur fabrication. En vingt ans, l’agriculture intensive a fait passé le taux de nitrate de 1 mg/l à 30 mg/l. Depuis la mise en place de ce système, le taux de nitrate est descendu à 20 mg/l.

L’inertie du système économique, un problème de poids
Ce qui pose le plus de problèmes à Olivier Bommelaer, c’est « l’inertie du système économique qui n’est pas adapté aux problématiques d’aujourd’hui de surpollution et de surconsommation. Les solutions vertes sont souvent dans l’illégalité. » Et changer le système est un travail de longue haleine tellement il est « lourd et manque de flexibilité ».

Mais, les « solutions vertes » ont de l’avenir et les entreprises l’ont bien compris. « Elles commencent à prendre conscience de la rareté grandissante des ressources en eau saine et du prix qui va augmenter. Elles sont plus enclines à changer les choses. Le plus difficile, c’est de persuader les États des bénéfices de la prévention et du succès de ces modèles alternatifs. »

Plus d’information sur www.worldwaterforum6.org

Tweet about this on TwitterShare on FacebookShare on Google+Pin on PinterestEmail this to someone