La climatisation naturelle, un vent d’air frais en Polynésie Française

Dans les îles du Pacifique, les efforts en matière de climatisation « verte » se matérialisent au fil des années. Pour pallier à cette dépense d’énergie et à cette pollution, plusieurs sociétés proposent de mettre en place le SWAC (Sea Water Air Conditionning), une technologie qui aspire les eaux profondes de l’océan pour produire une ressource propre.

L’installation du premier système d’air conditionné naturel ne pouvait se faire que dans ce lieu : un hôtel, preuve de l’influence du tourisme en Polynésie. Dès 2006, le complexe hôtelier Intercontinental Resort and Thalasso Spa, installé sur l’île de Bora Bora, inaugure sa nouvelle climatisation alimentée à l’eau froide. Une première mondiale pour ce type d’établissement. L’économie d’énergie envisagée n’est pas dérisoire : le système peut réduire l’énergie nécessaire de 300 kW à 15 kW.

Un gain important permis grâce à la technologie du SWAC, un pipe line qui pompe l’eau de mer à 800 mètres de profondeur, dont la température n’excède pas 5°. Ensuite l’eau est refroidie à partir d’un échangeur thermique, connecté au circuit de climatisation. Avec ce système, l’eau circule en boucle dans l’hôtel pour être renvoyée à l’océan après.

La technologie SWAC dans les hôpitaux

Avec les retombées positives provoquées par la climatisation à l’eau froide, ce système se démocratise progressivement. Des bâtiments collectifs aux maisons individuelles, la climatisation verte doit ainsi remplacer l’usage du fuel.

A titre d’exemple, avec la mise en place du SWAC au sein de l’hôpital tahitien de Taone, EDT (Electricité de Tahiti) compte réduire les frais de climatisation de 50 millions d’euros par an. La société SA Froid de Polynésie prévoit quant à elle la construction d’une station de pompage et de distribution d’eau froide afin de desservir le centre hospitalier de Pirae à Tahiti.

La concrétisation des premiers travaux est prévue pour 2011. Autre projet existant sur l’île : la climatisation à l’eau froide dans toute la zone urbaine de Punaauia/Arue, est en cours d’élaboration, grâce à un système de puits.

La polémique du « Brando »

Des chantiers qui ne sont pas toujours bien acceptés au sein de la population polynésienne. A l’instar de ce qui a été réalisé par la société Tahiti Beachcomber SA, sur l’atoll Tetiaroa, situé dans l’archipel de la Société.

La future construction d’un hôtel de luxe, le « Brando », avec bungalows à pilotis, surfant sur la vague écolo avec l’installation d’une climatisation à l’eau froide, ne convainc pas les habitants, soucieux de conserver l’aspect sauvage de l’atoll. Tetiaroa signifiant littéralement « qui se tient éloigné ».Les îliens craignant surtout de voir  l’anneau de corail se détériorer ou de provoquer un impact néfaste sur les tortues et les oiseaux, notamment via ces tuyaux longs de plusieurs centaines de mètres, indispensables pour pomper l’eau en profondeur.

Un investissement qui aurait de toute façon laissé perplexe Marlon Brando, l’acteur devenu propriétaire de l’atoll Tetiaroa lors du tournage du film Les révoltés du Bounty en 1965. La star s’était engagée à ne pas dénaturer l’endroit après son acquisition. Mais il serait dans le même temps une des premières personnes à s’être intéressée à la climatisation naturelle. La légende du cinéma aurait voulu installé un système de pompage en eau profonde chez lui. On ne sait toujours pas si c’est une fiction ou une réalité…

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