Kit de survie végétal

Laissez s’exprimer le chasseur-cueilleur qui sommeille en vous ! Dans les lieux sauvages ou les jardins, il y a tout ce qu’il faut pour soigner les petits bobos de l’été et se faire du bien.

Par Emmanuelle Vibert

Cet article est extrait de NEOPLANETE 9.

Dans les sous-bois, au fond des jardins, le long des chemins, les herbes folles et les buissons nous offrent les ingrédients utiles à des remèdes de grand-mère. Voici quelques exemples pour survivre à des égratignures ou des piqûres avec ce qu’on a sous la main.

Vous avez arpenté les musées toute la journée…

Et vos jambes sont gonflées par la chaleur et les piétinements ? Fouillez dans les haies du jardin, vous trouverez sûrement un buisson d’aubépine. Cueillez, en prenant garde aux épines, ses petites fleurs blanches au printemps ou bien ses fruits (de jolies petites boules rouges) à la fin de l’été. Faites-en une tisane ou laissez-les infuser dans votre bain. L’aubépine, nous apprend Sylvie Hampikian dans son excellent Soins naturels pour amateurs de plein air (éditions Terre Vivante), « soulage les troubles circulatoires et notamment les jambes lourdes ». Elle est aussi recommandée pour les problèmes de palpitations ou d’insomnie. Allez, un bain et au lit !

Votre petit dernier est très sujet aux verrues…

Et pas le moindre dermatologue en vue ? Trouvez un figuier ! Si vous êtes sur une île grecque ou à Saint-Tropez, ça devrait être facile : cet arbre fruitier pullule en Méditerranée. Demandez à votre chérubin d’en couper une feuille, faites-lui admirer la sève couleur de lait qui s’en écoule, appliquez-la sur la verrue et recommencez deux à trois fois par jour.

Pour rester zen en toutes circonstances…

La lavande ! Dans le Sud, on en trouve même sur les parkings des supermarchés ! Mais on préfère tout de même celle qui pousse loin des pots d’échappement ou – comble du luxe – la lavande sauvage de la garrigue, au parfum prononcé. Inutile de vous vanter les vertus apaisantes de cette fleur. On l’aime en tisane ou infusée dans le bain.

À force de regarder les filles ou les garçons sur la plage, vous avez attrapé un torticolis…

Allez rendre une visite au meilleur pizzaiolo du coin et demandez-lui où il s’approvisionne en origan frais. Vous cueillerez les fleurs fraîches de cette délicieuse plante aromatique pour vous frictionner le cou.

Vous avez la voix cassée après une grosse fiesta…

Allez cueillir un bouquet de coquelicots ! « L’infusion de pétales séchés, écrit encore Sylvie Hampikian, est connue pour soulager la toux sèche et l’enrouement. »

Vous avez été piqué par des orties

Puisque vous allez passer le reste de vos vacances à cueillir des orties après avoir lu cet article, il faut que vous connaissiez le truc pour calmer les démangeaisons causées par cette plante, certes miracle, mais aux feuilles sacrément urticantes. « Heureusement, nous rassure Sylvie Hampikian, la nature a pensé à placer le remède près de la source du mal, sous la forme de plantain lancéolé, qui pousse souvent dans les mêmes endroits. » De larges et longues feuilles au ras du sol et de toutes petites fleurs en grappe, en haut d’une longue tige… Vous avez forcément déjà rencontré cette plante : elle pousse partout.

« Il suffit de malaxer quelques feuilles de plantain et de frotter la zone irritée avec l’emplâtre obtenu. Les feuilles de plantain sont également très efficaces contre les piqûres d’insectes : douleur et démangeaison disparaissent presque instantanément. » Mais ça n’est pas tout. « Jusqu’au début du XXe siècle, nous apprend Sophie Lacoste, le plantain était considéré comme une plante médicinale majeure. » Exemple parmi d’autres : elle est hémostatique et cicatrisante. « Dans les campagnes, on enfonçait une feuille dans la narine pour stopper les saignements ». Elle est aussi calmante et désinfectante : « Certains paysans mâchaient du plantain pour calmer une rage de dents ». Et n’hésitez pas à glisser les feuilles les plus jeunes dans vos salades : elles y apporteront un petit goût de champignon.

Vous avez campé au bord d’un étang…

Et vous êtes couvert de piqûres de moustiques, aoûtats et autres taons ! « De nombreuses plantes contiennent des acides organiques ainsi que des substances anti-inflammatoires et antiprurigineuses, qui neutralisent le venin et soulagent les piqûres d’insecte », dixit l’auteur de Soins naturels pour amateurs de plein air. « Regardez autour de vous, vous en trouverez forcément à proximité :

bulbes coupés en deux : ail, ciboule, ciboulette, oignon, poireau ;

feuilles fraîches écrasées ou malaxées : bardane, basilic, cassis, cerfeuil, chou, houttuynia, lavande, persil, plantain, poireau, mélisse, menthe, ortie, oseille, romarin, sarriette, souci, sureau noir, thym ;

fleurs : camomille, échinacée ou souci ;

pulpe d’aloès : couper un morceau de feuille, l’éplucher et l’appliquer sur la piqûre. »

Vous avez attrapé un bon coup de soleil

Parlons-en, justement, de l’aloès (ou aloe vera). Cette plante vivace, avec ses feuilles bordées de piquants, est cultivée en Espagne, au Mexique ou dans le sud des États-Unis pour son gel magique. Mais on en trouve ici et là dans les jardins. En ôtant la peau de ses feuilles, on découvre une pulpe qui agit sur un tas de bobos : brûlures, coups de soleil, égratignures, piqûres d’insecte, gerçures, vergetures… Appliquez sur la peau et appréciez ! Vous n’en trouvez pas ? Achetez-en en magasin bio avant de partir !

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