Julia Roberts au secours des éléphants

Le réalisateur brésilien Walter Salles va réaliser « Our Wild Life », un film sur le combat de Daphne Sheldrick pour sauver les éléphants du Kenya, menacés d’extinction. Julia Roberts a été retenue par le cinéaste pour incarner la conservatrice et experte des animaux. Le tournage devrait commencer à l’automne prochain dans les plaines du Kenya.

L’histoire de Daphne Sheldrick n’est pas sans rappeler celle de Dian Fossey, dont le combat tragique pour sauver les gorilles a été raconté dans le film « Gorilles dans la brume » (1988).

Julia Roberts est une écolo convaincue. La preuve avec cette interview parue dans le numéro 10 de Néoplanète l’an dernier. Des couches lavables à la conception de sa villa, son objectif est clair : zéro tolérance pour le gaspillage énergétique.

Elle nous avait habitués à fouler les tapis rouges avec son joli sourire à vingt millions
de dollars. Mais depuis la naissance de ses trois enfants, Julia Roberts semble miser
tout sur le vert. Des couches lavables à la conception de sa villa, son objectif est clair :
zéro tolérance pour la gabegie énergétique… Propos recueillis à Los Angeles par Frank Rousseau.

La défense de l’environnement sonnerait-elle comme un nouveau combat pour vous ?
Oui, je me bats pour notre planète aujourd’hui. Une belle boule bleue qui s’éteint à cause de la folie des hommes. Au risque de passer pour une rabat-joie, je voudrais que nous comprenions tous que notre survie passe par la qualité de notre environnement. Nous ne pourrons être efficaces dans ce domaine-là que si nous agissons collectivement. Cessons de penser à notre petit confort personnel et revoyons radicalement notre façon de consommer. C’est l’impulsion que semble donner Barack Obama aux États-Unis et c’est ce qui me permet de garder espoir dans notre capacité à apprendre de nos erreurs !

Dans « Erin Brockovich, seule contre tous », film tiré d’une histoire vraie, vous incarniez déjà une militante écologique…
C’est vrai qu’Erin m’a beaucoup influencée. Elle m’a ouvert les yeux et m’a fait comprendre qu’il fallait se méfier des lobbies industriels. Erin Brockovich a prouvé qu’on pouvait avoir une grosse paire de seins, être divorcée, mère de trois enfants et en même temps capable d’enquêter sur une compagnie californienne qui a pollué les eaux potables de toute une région pour faire des économies ! Je rappelle que des gens sont morts après avoir bu de cette eau frelatée. Grâce à sa pugnacité, Erin a réussi à obtenir, en 1993, plus de 300 millions de dollars de dommages et intérêts auprès de la Pacific Gas & Electric Company…

Est-ce après cet événement que vous êtes devenue l’une des stars américaines les plus impliquées dans la cause environnementale ?
Non ! Ce sont mes enfants qui m’ont fait réfléchir (ndlr: les jumeaux Phinnaeus Walter et Hazel Patricia, âgés de 5 ans, et Henry Daniel, 2 ans) ! Lorsque vous mettez au monde des bébés, vous vous demandez généralement s’ils vont être en bonne santé et comment agir pour qu’ils vivent dans un monde moins pollué. En devenant parent, la vigilance devient un réflexe ; vous regardez de très près ce que vous consommez. La maternité a été pour moi un formidable catalyseur en matière de protection de l’environnement. Après des années de réflexion, je suis passée à l’action…

Impliquez-vous vos enfants dans cette démarche verte ?
Et comment ! Trois petits sous un même toit, cela produit un maximum de déchets, vous vous en doutez ! Alors tant qu’à faire, pour mes enfants, j’ai très vite utilisé des couches garanties sans chlore et sans plastique.

Pas trop de fuites à déplorer ?
(Rires) Elles sont tout aussi étanches que des couches classiques. En plus, il n’y a pas plus écolo ! Théoriquement, les couches « vertes » peuvent être jetées dans les toilettes. Mais je vous le déconseille fortement : vous risquez de les boucher et de passer l’après-midi à siphonner vos canalisations.

Il paraît que, dans votre quartier, on vous surnomme « recycled woman », l’accro au recyclage…
Je prends ça comme un compliment ! Je l’admets, je suis très focalisée sur le recyclage. Mais qu’on ne me dise surtout pas que cela prend du temps. Le tout, c’est de s’organiser et de faire appel au bon sens. Ce n’est pas compliqué de faire la différence entre une bouteille en verre et des boîtes de céréales vides en carton. Aussi ai-je mis en place à la maison un tri sélectif des déchets extrêmement drastique. En ce moment, je suis en train d’enseigner à mes gamins comment faire notre propre compost. En y jetant nos épluchures de légumes, nos restes de repas et d’autres déchets, nous réduisons sensiblement le volume d’ordures ménagères à traiter par la collectivité et, parallèlement, nous enrichissons en apports organiques divers la terre de notre jardin. Au bout de la chaîne, nous savourons des légumes que nous faisons pousser nous-mêmes. C’est économique, sans pesticide et infiniment meilleur pour la santé ! Et au moins, on sait d’où proviennent nos cultures. Une traçabilité 100% garantie !

On dit que votre maison est l’une des plus écologiques de la côte Ouest…
Je ne me suis pas amusée à lancer une étude comparative sur le sujet, mais il est vrai que ma maison de Malibu est un concentré de technologie verte. Il n’y a pas un mur qui ne soit constitué de panneaux de bois provenant de forêts gérées durablement et certifiées par un organisme indépendant. Les vitres et le carrelage de certaines pièces sont produits à partir de matériaux recyclés. J’ai également fait installer sur le toit de ma villa des panneaux solaires et une mini-éolienne, ainsi qu’un système de récupération des eaux de pluie équipé de

filtres, qui me permet d’économiser l’eau, etc. Les consignes que nous avions données à l’architecte étaient vraiment claires : nous voulions habiter une maison le plus « anti-gaspillage » possible.

Ce militantisme vous a coûté cher : vous avez dépensé 20 millions de dollars !
Fabriquer une maison respectueuse de l’environnement, cela a un coût ! Mais plus les gens choisiront ces technologies vertes, plus la facture finale diminuera. J’invite donc toutes les familles responsables à suivre cette logique, en fonction de leurs revenus, bien évidemment. En plus des réductions d’impôt dont vous pourrez bénéficier, vous ferez un bien fou à la planète. Et ça n’a pas de prix !

Et côté transports, comment vous déplacez-vous ?
À cheval, quand je suis dans mon ranch du Nouveau-Mexique. Sinon, je conduis une Prius ! À court terme, j’aimerais investir dans une auto qui roule à l’huile végétale. Bon, d’accord, je risque de sentir la frite en sortant de ma voiture, mais c’est un tout petit inconvénient comparé aux gros avantages – notamment en matière de pollution – qu’offre cette énergie. Globalement, j’essaie surtout d’optimiser chacun de mes déplacements. Et puisqu’on parle « moteur », il y a quelques mois, je me suis donnée à fond pour que le biodiesel alimente les 500 000 bus scolaires qui sillonnent les États-Unis ! Quand je vois ces vieux bus polluants encore en circulation, j’ai les poils qui se hérissent !

Quelle ténacité !
Et encore, je ne vous ai pas tout dit. Je me souviens encore de la période où ça m’embêtait franchement de transporter des sacs réutilisables à chaque fois que je me rendais au supermarché ! Jusqu’au jour où j’ai vu ces millions de sacs en plastique accrochés à des arbres, dans la périphérie de Los Angeles. Depuis, je ne jure que par les sacs « organics » !

Et Julia Roberts tricotant des pulls en laine bio pour ses enfants, c’est une légende ?
Non, une réalité ! Tricoter me permet d’abord de tuer le temps entre deux scènes. Quand je tricote, j’évacue les mauvaises toxines. En faisant glisser la laine entre mes doigts, je reste également en contact avec la nature, tout en pensant très fort à mes enfants. Quand je les vois bien emmitouflés dans les petits pulls et les écharpes tricotés par mes soins, vous ne pouvez pas imaginer le bien-être que cela me procure !

Il y a quelques années, vous avez participé à une série de documentaires animaliers pour la chaîne américaine PBS. Parlez-nous de votre rencontre avec les chevaux de Mongolie.
J’ai une vraie passion pour les sports équestres. Pour PBS, je suis partie à la rencontre des takis, des chevaux sauvages de Mongolie, qui ont hélas pratiquement disparu. Ce fut une aventure exceptionnelle et inoubliable. L’occasion également de sympathiser avec la population locale : les gens sont incroyablement généreux. Vous avez faim ? Ils vous nourrissent. Vous avez froid ? Ils vous tendent leur manteau. Vous vous sentez seule ? Ils viennent vous parler. J’ai même été adoptée par une famille, là-bas. Ce qui était particulièrement rafraîchissant, c’est que le nom de Julia Roberts ne leur disait fichtre rien !

Pour conclure, une question qui tombe pile-poil. Il y a dix ans, vous avez défrayé la chronique lors d’une soirée, en apparaissant sans vous être rasé les aisselles. Le look « all natural », c’est toujours d’actualité ?
(Éclat de rire) Pourquoi ? Vous connaissez une filière pour recycler les poils ?

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