Journée mondiale des zones humides, le 2 février : la forêt à l’honneur !

En France, le rythme de destruction des zones humides va en s’accélérant. Plus des deux tiers ont déjà disparu en un siècle. Aujourd’hui, ces espaces ne représentent plus que 3% du territoire national. Pourtant, l’abandon, ou l’assèchement pur et simple, de ces espaces fourmillants de vie serait un vrai désastre pour l’homme. C’est d’ailleurs tout l’enjeu de la Journée mondiale des Zones Humides (JMZ) qui se déroule le 2 février prochain.

Mise à jour le 2 février : Dans le cadre des engagements du Grenelle de l’Environnement, Nathalie KOSCIUSKO-MORIZET, Ministre de l’Ecologie, du Développement durable, des Transports et du Logement, annonce le lancement d’un appel à candidature pour sélectionner le territoire qui accueillera le futur parc national de zones humides.

150 km², voici ce qu’il reste de zones humides en France. Entre marais, fagnes, tourbières, étendues d’eau stagnante et/ou en mouvement (fleuves, rivières, ruisseaux…), cette surface ne représente plus que l’équivalent de la rade de Brest. Ces derniers bastions, où l’eau contrôle la vie végétale et animale, impactent sur la vie de plus de la moitié des oiseaux résidents du territoire, dont près d’un sur trois ne pourrait vivre sans ces étendues*. Cette richesse ornithologique s’accompagne d’une véritable mine florale et près de 30% des espèces végétales remarquables trouvent refuge autour des zones humides. Un constat, d’ailleurs, applicable à l’ensemble des régions du monde. Ainsi, si le canard col-vert de nos contrées ne vit que grâce à ces zones humides, le lac Natron en Tanzanie héberge chaque année 2,5 millions de Petit flamant. C’est aussi un enjeu de santé publique puisqu’on estime qu’environ 3 millions de personnes meurent chaque année du mauvais entretien ou de l’abandon de ces zones humides et des maladies qui s’en accompagnent, comme le paludisme.

Le thème de la JMZ 2011 : Les Forêts, vitales pour l’eau et les zones humides.

En cette année 2011, qui marque les 40 ans de la Convention RAMSAR, du nom de la ville iranienne où fut adopté ce premier traité international, le 2 février 1971, le thème abordé est celui des interactions entre forêts et zones humides. Pourquoi ? Car protéger les zones humides et les forêts relève du même défi. « Le lien étroit entre les forêts et les zones humides est quelque-chose à conserver parce que, sans ce lien, nous allons détruire cet équilibre qui est nécessaire », nous déclarait il y a peu Anada Tiéga, secrétaire général de RAMSAR. Et pour cause ! A eux deux, ces espaces abritent la quasi-totalité de la biodiversité mondiale. De plus, les forêts jouent un rôle crucial dans le cycle de l’eau : elles absorbent plus d’eaux que les végétations courtes de type prairies. Cette particularité s’explique par le phénomène d’évapo-transpiration des arbres (et oui, les arbres transpirent une partie de l’eau absorbée en journée). En bref, il est prouvé que la déforestation de la forêt d’Amazonie a eu tendance à faire baisse les volumes de précipitations tandis que la reforestation de l’ile de Bornéo a permis une augmentation du taux de précipitations annuelles de près de 25%. La protection des zones humides passe aussi par la préservation des sols forestiers. Ainsi, ce que l’on appelle communément « la litière des arbres », composée des courts arbustes et des feuilles tombées au sol, offre le meilleur filtre naturel pour une eau de bonne qualité et préserve ainsi vie humaine, vie végétale et animale. Car, une fois n’est pas coutume, l’eau est au centre des problèmes.

Et pour fêter cette Journée Mondiale des Zones Humides ?

Comme par le passé, le secrétariat de RAMSAR distribue un matériel pédagogique complet pour sensibiliser petits et grands:
– Des affiches et des autocollants portant sur le thème, sous forme imprimée et en format imprimable sur le CD.
– Une brochure en couleurs produite en collaboration avec le United Nations Forum on Forests.
– Une activité pour les enfants de tous âges : un masque en forme de libellule à fabriquer soi-même.

Partenaire historique de RAMSAR en faveur de la protection des zones humides, la LPO (en partenariat avec la marque Evian) organise, sur la période fin janvier/février, des sorties naturalistes pour se rendre compte sur le terrain des relations étroites qui lient forêts et zones humides. Par exemple, si vous êtes en Charentes Maritimes, n’oubliez pas vos jumelles pour partir à la rencontre des oiseaux dans la Réserve naturelle de Lilleau des Niges et du Fier d’Ars, le 2 février. Mais vous pourrez aussi participer à la création d’une mare (pensez aux bottes !) , le 5 février en Seine Maritime. Pleins d’autres bon plans sur le site de la journée mondiale des zones humides.

RAMSAR

La convention de RAMSAR est unique dans l’histoire des traités internationaux en faveur de la protection de l’environnement. Si elle est le premier acte international en faveur de la protection de l’environnement, elle reste surtout aujourd’hui le seul accord international la gestion et l’utilisation d’une catégorie d’éco-systèmes précis. Signée le 2 février 1971 dans la ville iranienne du même nom, elle regroupe aujourd’hui 159 pays. La France a ratifié cette convention en 1986 et possède aujourd’hui la moitié de ces zones humides labellisés « sites RAMSAR ».

Pour plus d’informations : écoutez l’interview d’Anada Tiéga sur NEOPLANETE

(*) source LPO

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