Journée mondiale de la vie sauvage : 10 chiffres à retenir

IFAWC’est aujourd’hui la Journée mondiale de la vie sauvage, en phase avec l’un des principaux objectifs de la Convention du patrimoine mondial : protéger les sites qui abritent des espèces menacées de la faune et de la flore. L’occasion de faire un point sur les espèces sauvages : 

– 469 notices rouges ont été émises par l’organisme international de police criminelle Interpol pour différents types de crimes environnementaux au cours des dix premiers mois de 2014. Lire Aidez Interpol à traquer les ennemis de la nature.

Un éléphant est massacré pour ses défenses toutes les 15 minutes ! L’ivoire est principalement revendu en Chine pour produire toutes sortes d’objets décoratifs et totalement inutiles. L’argent du braconnage sert parallèlement à racheter des armes en Afrique. Plus de 80% de la population d’éléphants a disparu dans la Réserve de gibier de Selous (Tanzanie) depuis dix ans !  En tout, jusqu’à 50 000 pachydermes sont tués chaque année.

Lire notre article Trafic d’ivoire : 37 ONG pointent la France pour avoir plus d’infos

IFAW– Les rhinocéros sont eux aussi gravement menacés : un animal est abattu toute les 10 heures pour sa corne ! Le braconnage de cette espèce a augmenté de près de 10 000 % depuis 2007. « La population de rhinocéros en Afrique du Sud compte à l’heure actuelle quelque 26 000 individus. L’année dernière, un nombre record de rhinocéros (1 215) ont été tués pour leurs cornes, qui sont vendues à des prix astronomiques sur le marché noir. Les cornes sont aujourd’hui prisées pour leurs prétendues effets aphrodisiaques et des vertus médicinales pour le moins douteuses. Elles sont également recherchées par les chasseurs de trophées et les investisseurs », s’insurge l’ONG IFAW.

100 millions de requins sont pêchés chaque année pour leurs ailerons, qui finissent dans les soupes. D’après les rapports scientifiques, le taux de mortalité annuel des requins se situe entre 6,4 et 7,9 %, contre 5 % de taux de renouvellement. « Les populations de requins chutent donc invariablement, et certaines ont même perdu jusqu’à 90 % de leurs individus« , souligne IFAW. Notons qu’au passage, des pêcheurs harponnent et tuent au Pérou des dauphins pour utiliser leurs carcasses afin de chasser les squales.

– Chassés (ou juste électrocutés et dépecés) pour leur peau qui sert d’ornement d’intérieur, et leurs os, auxquels sont attribuées de prétendues vertus médicinales, les tigres ne sont plus que 4 000 à l’état sauvage. Bonne nouvelle néanmoins pour les tigres de Sibérie, que vous connaissez également sous le nom de « tigre de l’Amour ». Considérés par l’Union internationale pour la conservation de la nature comme une espèce en danger critique d’extinction (il a disparu de la Chine à cause du braconnage et de la réduction de son habitat), ils seraient de retour en Chine, comme le prouve une vidéo du WWF :

D’ici à 2050, la population d’ours polaires aura diminué de deux tiers si rien ne change.

Ecoutez la chronique de notre expert jeune Climat : les ours blancs vont-ils y laisser leur peau ?

34 000 baleines ont été tuées alors que la chasse commerciale à la baleine est interdite.

Ecoutez l’interview de Paul Watson en ce qui concerne la menace que fait peser le Japon sur les baleines de l’Antarctique.

Illegal_export_of_rosewood_001– L’abattage illégal d’essences précieuses constitue également une forte menace selon l’Unesco : une reprise de l’abattage illégal de palissandre a été signalée en 2014 dans certaines parties des Forêts humides de l’Atsinanana (Madagascar), et l’abattage illégal de bois de rose d’Indochine dans le complexe forestier de Dong Phayayen-Khao Yai (Thaïlande) qui a été signalé en forte hausse, à la fois en intensité et violence.

La Liste rouge de l’UICN (Union internationale pour la conservation de la nature) comprend désormais 76 199 espèces évaluées… dont 22 413 sont menacées d’extinction. « Pour satisfaire notre appétit insatiable de ressources, la pêche, l’exploitation du bois, les activités minières et l’agriculture, entre autres, menacent la survie du thon rouge du Pacifique, du fugu chinois, de l’anguille d’Amérique et du cobra chinois tandis que déjà, la destruction de l’habitat a causé l’extinction d’un mollusque malaisien et du plus grand perce-oreille connu au monde et menace la survie de beaucoup d’autres espèces« , selon cette Liste rouge de l’UICN des espèces menacées, mise à jour en novembre 2014.

Giant_Panda_Eating – Allez, on termine par une note d’optimisme grâce aux pandas géants qui reprennent du poil de la bête ! Selon le dernier rapport publié par le gouvernement chinois Fourth National Giant Panda Survey, la population mondiale de pandas géants vivant à l’état sauvage a augmenté de 268 individus en dix ans pour atteindre l’effectif de 1864. Une très bonne nouvelle pour Pékin (et hypocrite lorsque l’on sait que la Chine favorise le commerce d’ivoire d’éléphants, de cornes de rhinocéros, de peaux de tigres…) qui mène une politique de « diplomatie du panda » car cet animal a un faible taux de reproduction ! Mais ce symbole de la protection de la vie sauvage doit face à de nouvelles menaces autres que le braconnage, telles que l’exploitation minière, la production d’énergie hydroélectrique, le tourisme ou encore la construction d’infrastructures.
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Emilie Villeneuve

Sa licence de journalisme en poche, elle s’envole pour la Réunion où elle arpente l’île en tant que journaliste radio au sein de RFO. Une fois revenue en métropole, Emilie se consacre à l’environnement et au bio avec Bioaddict.fr et pige également en tant que journaliste web avec DDMagazine.com. Elle intègre la rédaction de Néoplanète en avril 2011 dont elle est aujourd'hui la rédactrice en chef adjointe du site et de la webradio. Elle fait également partie de l'équipe de "Bougez Vert", émission diffusée sur Ushuaïa TV.