Jeudi 9 juin à Paris : stop à l’élevage en batterie

Après avoir parcouru plus de 20 grandes villes françaises et rencontré autant de directions de supermarchés, l’association L214 fait étape à Paris. Le programme : deux journées d’actions dénonçant la cruauté infligée par les poules issues d’élevage en batterie.

C’est le jeudi 9 juin, place d’Italie, que l’association L214, œuvrant pour une pleine reconnaissance de la sensibilité des animaux et l’abolition de pratiques, a organisé une opération de sensibilisation des consommateurs et a intervenu dans un supermarché. Son objectif : « inciter les enseignes à retirer les œufs issus d’élevages en batterie dans leurs rayons et ainsi rattraper le retard de la grande distribution française sur ses homologues européennes », explique Sébastien Arsac, porte-parole de l’association à Néoplanète. « Nous essayons de vulgariser les informations que nous recevons comme des études scientifiques », ajoute-t-il.

Cage à taille humaine, militants costumés, body TV, banderole et photos grand format : voilà ce qui a accompagné l’opération de sensibilisation des consommateurs aux conditions de vie déplorables des poules dans les élevages en batterie. Les passants sont invités à signer une pétition pour faire bouger les choses.

Quelle sont les conditions de détention des poules en batterie ?

Les poules sont enfermées dans des cages sans accès à l’extérieur pendant un an, sans pouvoir gratter le sol, faire des nids ou étendre les ailes aisément. « C’est une des pires forme d’élevage qu’on peut trouver en France », se désole Sébastien Arsac.  Elles peuvent être jusqu’à 200 000 entassées dans des bâtiments, aveugles (la virgule sinon on comprend que ce sont les bâtiments qui sont aveugles). « Leurs becs sont coupés pour éviter le cannibalisme, ajoute-t-il, et au niveau sanitaire, des études ont montré que plus l’élevage est grand, plus le risque bactériologique l’est également. Avec le stress et la promiscuité, les bactéries nocives se développent plus facilement. A cela s’ajoute donc le problème des micro-organismes qui mutent et qui deviennent résistants. » En 2012, la directive européenne sur la protection des poules pondeuses va entrer en application. Elle exigera une augmentation de la taille des cages en batterie et la mise en place de quelques aménagements. Mais les cages aux normes 2012 restent des cages…

Et nos voisins ?

La plupart de nos voisins européens – ou non – abandonnent les cages : des enseignes internationales, comme Unilever, McDonals, Subway bannissent les œufs de poules élevées en batterie. Que ce soient des grandes surfaces ou des discounts, de nombreuses enseignes européennes renoncent aux cages, comme Coop en Italie, qui a suivi le mouvement en octobre 2010. A ce jour, aucune grande surface française n’a pris d’engagement. L’enseigne Auchan mène actuellement une expérimentation sur sa marque distributeur : dans l’est de la France, les références œufs de cages par 6 ou 12 ont été supprimées. Un premier pas encourageant.

Combien ça coûte ?

L’écart de coût de production entre un œuf de poule élevée en cage et un œuf de poule élevée en plein est inférieur à 2 ct l’unité. A l’horizon 2012, l’investissement pour les producteurs (entre 12 et 25 €/poule) pour mettre aux normes les cages augmentera le prix des œufs. En rayon, la différence de prix entre œufs de poules élevées en cages et œufs de poules élevées en plein air est en général de 30 centimes pour une boîte de 6. Pire encore, il arrive que certaines marques d’œufs de batterie soient plus chères que des offres plein air !

Et après ?

À 16h, des représentants de L214 se rendront au Carrefour situé dans le centre Italie 2 afin de rencontrer la direction du supermarché et de lui remettre les cartes-pétitions collectées le matin. Demain, à Boulogne-Billancourt, le combat ne s’arrête pas. L’association mettra en place son sitting devant la direction nationale de Carrefour où des militants de L214 se posteront devant le siège du groupe, afin de solliciter un rendez-vous avec la direction nationale de l’enseigne. Cette opération sera l’occasion d’aller à la rencontre des employés du groupe pour les inciter à soutenir l’action de l’association.


Regardez la même action menée à Amiens avec ce reportage de France 3 Picardie :

Tweet about this on TwitterShare on FacebookShare on Google+Pin on PinterestEmail this to someone