La dérive de Jean-Louis Etienne

Jean-Louis EtienneCertains le connaissent très bien, d’autres seulement de nom voir pas du tout. Jean-Louis Etienne est pourtant l’un des plus grands explorateurs français des temps modernes.

Après avoir longtemps fait de l’Himalaya, du Groenland et  de la Patagonie ses laboratoires pour étudier la physiologie en milieu extrême, le natif de Vielmur-sur-Agout vient d’entamer un tout nouveau projet. Dans une station océanographique du nom de  Polar Pod, aux allures d’un navire vertical et équipé d’une nacelle habitable, le scientifique espère pouvoir dériver autour de cet immense glaçon que l’on appelle l’Antarctique (un continent grand comme 28 fois la France et recouvert d’une gigantesque couche de glace de deux kilomètres et demi). Le but n’est bien entendu pas d’y aller pour prendre des vacances, ce qui intéresse vraiment Jean-Louis Etienne, c’est l’océan austral qui grâce à une courroie de transmission réunit l’eau de l’Atlantique, du Pacifique et de l’Océan Indien. Un phénomène étonnant et incompris que les marins appellent les cinquièmes hurlants.

Antarctique wikimediaPour Jean-Louis Etienne, ce lieu très venteux est extrêmement important pour l’équilibre du climat de la planète. Tout d’abord car c’est un véritable moteur de la circulation océanographique mondiale, mais aussi parce que les eaux froides de l’océan austral absorbe le gaz carbonique (ce qui fait de cet endroit l’un des principaux puits de carbone sur Terre). Mais si cet océan est aussi méconnu, c’est surtout car il s’agit d’une zone très hostile, où chaque année même les concurrents du Vendée globe redoutent de passer.

Pour commencer il lui a fallu convaincre les scientifiques. Mais comme l’avoue lui-même Jean-Louis Etienne : « Les scientifiques ont toujours été de mon côté ». Le plus difficile, comme souvent et pour beaucoup de choses, c’est l’argent qui manque pour faire partir l’expédition. Mais l’explorateur français garde un bon espoir de démarrer les travaux pour sa station océanographique d’ici la fin de l’année. Et pourquoi en début 2014, procéder à une mise à l’eau.

Cette chronique « Environnement » a été diffusée mercredi 3 juillet 2013 sur Europe 1. Retrouvez chaque jour sur Néoplanète les chroniques « Bonne Nouvelle » et « Environnement » de Yolaine de la Bigne, enrichies de photos, de vidéos et de liens internet. 

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Yolaine De La Bigne

Femme en or de l’environnement en 2007, journaliste de presse écrite et radio, auteur de plusieurs livres, elle a été une des premières « rurbaines » à habiter entre Paris et la campagne. De sa collaboration avec Nicolas Hulot pour Ushuaia et Allain Bougrain Dubourg, en passant par le prix Terre de Femme de la Fondation Yves Rocher, la création de Fêt Nat’ en 2006 ( fête de la nature et de l’écologie ), Yolaine renforce son engagement personnel à travers le lancement de l’agence de presse Kel Epok Epik et de Néoplanète.