Jardiner autrement : 5 jardiniers récompensés

Leurs efforts ont payé ! Le 15 juin dernier, cinq jardiniers amateurs ont remporté le concours « Jardiner autrement » organisé par la Société nationale d’horticulture de France. Une initiative qui s’incrit pleinement dans le plan EcoPhyto 2018 qui vise à réduire de 50% l’usage des pesticides d’ici à 2018. Un vrai bonheur pour la biodiversité ! Zoom sur les vainqueurs.


Le jardin de Jean-Paul et Valérie Herbeth (Lorraine)

Un potager, un verger, des plantes aromatiques, des prairies et un bois… voilà tout ce que l’on trouve chez Jean-Paul et Valérie Herbeth, deux passionnés de jardinage qui organisent des trocs de plantes et ouvrent leur espace certains week-ends au public. « Nous évoluons constamment car nous apprenons sans cesse sur le sol, sa vie, les plantes spontanées, les modes de culture… », confient-ils. Chez eux, pas d’herbicides : le désherbage est manuel. Pour protéger le sol, ils utilisent du paillage et le nourrissent avec du compost et des amendements naturels. Et parce qu’ils aiment « manger (leurs) légumes », pas question de les traiter : ils encouragent la venue de prédateurs pour lutter contre les insectes nuisibles et ont installé un tunnel sur les tomates pour réduire les maladies. En bref : un vaste jardin où « l’on se sent bien ».

Le jardin de René Guiraud à Castres (Midi-Pyrénées)

Il existe des jardins qui reflètent la personnalité de leur propriétaire. C’est le cas de celui de René Guiraud, instituteur retraité, qui commente à ses visiteurs le jardinage écolo et les équilibres biologiques. « Je suis très attaché à la pratique d’un jardinage naturel, aussi je ne manque jamais d’expliquer à toute personne qui vient visiter mon jardin, et surtout aux enfants, que quoiqu’on en dise cela est tout à fait possible » souligne t-il. Mais que trouve-t-on dans ce fameux jardin ? Un verger, un potager où poussent des légumes et de belles fleurs -exempts de tout traitement- ou encore des nichoirs à insectes et à oiseaux pour favoriser la présence d’auxiliaires du jardin. René utilise un filet anti-insectes sur les semis de carottes et navets et arrose de nuit en goutte à goutte pour préserver les ressources en eau.


Le jardin de Jean-Claude Moiron à Annecy-le-Vieux (Rhône-Alpes)

C’est au bord d’un petit ruisseau que l’on peut admirer une centaine d’espèces de plantes bulbeuses, des arbustes rares, des plantes vivaces et des fleurs plantés par ce jardinier passionné. Observation, anticipation, soins des plantes et rotation des cultures permettent au propriétaire d’avoir un beau jardin sans mauvaises herbes ! « Jardiner est un plaisir, c’est entretenir le meilleur équilibre moral, et une belle forme physique » affirme-t-il. Dans ce jardin, qui accueille les auxiliaires, il a planté des végétaux mellifères pour attirer les pollinisateurs. Jean-Claude détruit les mauvaises herbes à l’état de plantules afin d’éviter qu’elles ne montent en graine pour contrôler leur prolifération. Lorsque le développement de maladie ou d’insectes compromettent réellement la récolte, ils les traitent avec des produits adaptés et dans un respect des doses.


Le jardin de Laurence Saunois (Midi-Pyrénées)

« A chaque occasion, j’essaie de montrer qu’un jardin peut-être source de vie et d’équilibre », explique Laurence Saunois. Et sur ses 4000 m2, cette jardinière possède un véritable jardin bohême. On y compte plus de 80 espèces de papillons, 60 espèces d’oiseaux, des plantes sauvages et… des mauvaises herbes. « Au lieu de vouloir dompter la nature, je l’ai accompagnée », poursuit-elle. Comment ? En suivant les cycles naturels, en enlevant les fruits malades à la main, en conservant les plantes sauvages (pour concentrer les pucerons à un seul endroit), et surtout en n’utilisant aucun produit phytosanitaire. Sa particularité : elle n’arrose pas ! Ce jardin libre est ouvert au public lors de « Rendez-vous aux jardins » ou pendant des événements des Jardiniers de France.


Le jardin de Daniel Bret à Guilliers (Bretagne)

Quel est le plaisir de Daniel ? Créer un jardin de curé imprégné d’histoire où les fleurs se mélangent, entre la Forêt de Brocéliande et de la Nouée. Son jardin allie le rustique et la diversité (avec plus de 500 végétaux différents), comporte des arbres centenaires, des massifs adaptés à la terre de bruyère et est parsemé de plus de 30 pots et jardinières. Daniel réserve un coin d’orties pour la fabrication du purin, faire du paillage avec les feuilles pour préserves les petits insectes et la flore utiles, composter et installer des récupérateurs d’eau. Il prend soin de protéger tous les petits amis du jardin, favoriser l’hygiène du jardin et brûler les plantes malades. Daniel explique : « J’étais beaucoup plus radical, ce que je ne pouvais enlever, je l’éradiquais avec des produits phytosanitaires. J’essaie de faire des mauvaises herbes des alliées pour l’esthétisme de mon jardin, tout en le rendant accueillant et agréable ».


Avec Alexia Decarme

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